Le groupe armé ADF a lancé une nouvelle attaque à Mambasa, dans la province d’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, cette attaque s’inscrit dans une escalade de la violence qui sévit dans la région depuis quelques semaines. Selon des sources locales, l’attaque a débuté vers 23h00 lorsque des combattants de l’ADF ont infiltré la ville par le nord, incendiant plusieurs maisons et pillant des commerces, provoquant une panique générale parmi les habitants. Aucun bilan officiel des morts ou des blessés n’a été communiqué dans les premières heures. Cependant, des représentants de la société civile ont confirmé que les assaillants avaient pris plusieurs civils en otage, les utilisant pour transporter le butin volé lors de l’attaque.
Il s’agit de la sixième attaque en seulement huit jours dans la région de Mambasa, ce qui témoigne d’une augmentation significative de l’activité du groupe. L’ADF a prêté allégeance à l’État islamique. Des militants de la société civile ont exprimé leur vive inquiétude face à cette situation, soulignant que le groupe ne s’était jamais approché aussi près du centre-ville. Le lendemain de l’attaque, la vie à Mambasa semblait paralysée : écoles et commerces étaient fermés et une peur palpable s’était emparée de la population. Julian Baluku, représentant de la société civile, a déclaré que les habitants vivaient dans la terreur, que les agriculteurs hésitaient à se rendre dans leurs champs et que certains envisageaient de quitter la ville pour échapper à la dégradation de la situation sécuritaire.
Cette attaque s’inscrit dans une série d’opérations menées par le groupe dans la région au cours du mois écoulé. Ils avaient précédemment ciblé le site minier de Muchacha à la mi-mars avant d’étendre leurs attaques aux villages de Muchanga, Babugwe et Bafoakwaa, faisant des dizaines de morts et provoquant le déplacement de nombreux habitants. Huit jours auparavant, près de 15 000 civils avaient trouvé refuge dans le centre de Mambasa, près d’une base militaire, pour se protéger des attaques répétées. L’armée congolaise a annoncé son intervention pour repousser la dernière attaque, confirmant que ses forces ont neutralisé cinq membres du groupe armé lors d’affrontements qui se sont poursuivis jusqu’à lundi matin.