Politique

La Gambie nomme un avocat britannique pour poursuivre les crimes de l’ère Yahya Jammeh

L’avocat britannique Martin Hackett a été nommé premier procureur spécial de Gambie chargé de poursuivre les responsables des violations des droits humains commises durant les 22 années de règne de l’ancien président Yahya Jammeh, qui ont pris fin avec son exil en 2017. M. Hackett dirigera un bureau nouvellement créé, chargé d’enquêter sur les affaires de cette période, marquée par une répression généralisée, des disparitions forcées et des exécutions extrajudiciaires. La Commission Vérité, Réconciliation et Réparations a été mise en place pour documenter l’ampleur des exactions présumées. Dans son rapport final, remis au président actuel, Adama Barrow, en 2021, la commission a identifié les principaux auteurs et recommandé leur poursuite.

La Commission Vérité et Réconciliation, qui a recueilli des témoignages poignants de victimes, d’anciens membres des forces de sécurité et d’autres témoins, a appelé à des réparations pour les victimes, avertissant que l’inaction risquait de perpétuer l’impunité. La commission a commencé à verser des réparations par étapes, en commençant par les victimes d’exactions commises peu après le coup d’État de 1994 qui a porté Yahya Jammeh au pouvoir. Mais pour de nombreux survivants, la compensation financière passe après la justice. Parmi les cas les plus marquants mis en lumière par la commission figurent l’assassinat en 2004 de la journaliste Dida Haidara et l’exécution de plus de 50 migrants, originaires pour la plupart d’Afrique de l’Ouest, par les forces de sécurité après avoir été faussement accusés de complot.

Plusieurs auteurs de ces crimes ont été condamnés à l’étranger en vertu du principe de compétence universelle, notamment d’anciens membres d’une unité paramilitaire tristement célèbre et d’un escadron d’assassins connu sous le nom de « Junglers ». Certains ont été emprisonnés en Allemagne et aux États-Unis. La nomination de Hackett, qui a auparavant travaillé au Tribunal spécial pour le Liban, mandaté par l’ONU, et enquêté sur les crimes de guerre commis par de hauts gradés militaires pendant la guerre du Kosovo, est perçue comme une étape cruciale vers l’établissement de la responsabilité au niveau national.

  Un État nigérian ferme 13 écoles à la suite d'une attaque armée
Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les plus lus

To Top