L’Ouganda a commencé à accepter les candidatures pour les élections des conseils locaux le lundi 3 août, dans un climat de tension et de méfiance. Cette ouverture fait suite à des allégations de violence et de fraude lors du premier tour du processus électoral la semaine précédente, qui ont contraint les autorités à ordonner un nouveau scrutin dans 1 135 villages. Les conseils locaux figurent parmi les institutions de base les plus importantes d’Ouganda. Ils jouent un rôle crucial dans la résolution des conflits entre résidents, la gestion des conflits familiaux, la sécurité et le bon déroulement de la vie quotidienne dans les villages et les communautés locales. Cependant, le début de ce nouveau tour des élections intervient dans un contexte de doutes croissants quant à l’intégrité du processus électoral, suite à des irrégularités généralisées lors du premier tour, qui s’est tenu mardi dernier.
Ces irrégularités incluaient des violences et des contestations des listes électorales, nécessitant un nouveau scrutin dans plus d’un millier de villages. Les élections des conseils locaux se déroulent selon un système qui commence au niveau du village, ce qui rend l’intégrité de cette phase essentielle au bon déroulement des élections suivantes, Sarah Biriti, directrice du Centre pour la gouvernance constitutionnelle (CCG), une ONG ougandaise qui suit les questions constitutionnelles, a déclaré que toute irrégularité ou tout litige lors des premières élections locales nuit à la crédibilité des étapes suivantes, en particulier s’il concerne l’inscription des électeurs ou les procédures de vote. Les élections de cette année marquent un tournant important avec la présence affirmée des partis politiques.
Lors des élections précédentes, les candidats se présentaient comme indépendants et les électeurs se fiaient largement à leur connaissance personnelle des candidats. Aujourd’hui, cependant, les candidats affichent ouvertement leur appartenance politique, qu’il s’agisse du Mouvement de résistance nationale (NRM), parti au pouvoir, du Parti de l’unité nationale (NUP) ou d’autres partis. Cette situation a engendré une campagne électorale plus politisée, une concurrence accrue, des dépenses plus importantes et une pression politique exacerbée. L’analyste politique indépendant Frederick Goloba-Motepe juge ce changement préoccupant.