Politique

Grâce présidentielle, mais toujours condamné : quel est le sort de la figure de proue de l’opposition tchadienne ?

Sokse Massra a été libéré de prison grâce à une grâce présidentielle, mais sa liberté est de courte durée. L’ancien Premier ministre tchadien, l’un des plus farouches opposants au président Mahamadou Idriss Déby, reste sous le coup d’une condamnation pénale et d’une peine de 20 ans de prison, ce qui l’empêche de reprendre une activité politique et de se présenter à une élection. Face à cette situation, Human Rights Watch a appelé les autorités tchadiennes à annuler la condamnation de M. Massra, arguant que la grâce présidentielle qui a conduit à sa libération le 15 août est insuffisante tant que le jugement initial demeure en vigueur. M. Massra a été Premier ministre de janvier à mai 2014, avant de se présenter à l’élection présidentielle contre le président par intérim de l’époque, Mahamadou Idriss Déby.

Environ un an plus tard, le 16 mai 2015, il a été arrêté dans le cadre d’affrontements interethniques à Mandakao, dans le sud-ouest du pays, qui ont fait 42 morts. Le parquet l’a accusé d’incitation à la haine et à la violence par le biais de publications sur les réseaux sociaux, accusations qu’il a niées. En août 2025, il a été condamné à 20 ans de prison dans une affaire que Human Rights Watch a qualifiée de politiquement motivée. Soixante-quatorze autres accusés ont été jugés en même temps que lui ; neuf ont été libérés pendant le procès, tandis que les autres ont été condamnés à 20 ans de prison. Selon l’organisation, 65 des personnes condamnées avec lui sont toujours incarcérées. Environ un an après le verdict, une grâce présidentielle a libéré Masra et huit autres dirigeants de la coalition d’opposition, le Groupe de consultation des acteurs politiques (GCAP), qui avaient été condamnés à huit ans de prison pour sédition liée à l’organisation d’une manifestation.

  Tanzanie : sites d'information interdits à cause de caricatures critiquant la présidente Samia Hassan

Mais le problème, selon Human Rights Watch, est que la grâce, qui a suspendu la peine, n’a pas effacé la condamnation elle-même. La peine reste inscrite au casier judiciaire de Masra, et l’amende qui lui a été infligée, ainsi qu’à ses co-condamnés, s’élevant à un milliard de francs CFA (environ 1,8 million de dollars), est maintenue. Plus important encore sur le plan politique, le maintien de cette condamnation empêche Masra de se présenter à une élection.

Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les plus lus

To Top