Politique

Un document appelle la CEDEAO à rétablir l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau

Un groupe de 24 personnalités politiques et militants issus du Sénégal, du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau a appelé la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à lancer une initiative urgente pour rétablir l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau, alors que se prolonge la période de transition dirigée par les militaires à la suite du renversement du président Umaro Sissoco Embaló. Cet appel a été formulé dans une lettre ouverte adressée par les signataires aux instances dirigeantes de la CEDEAO, exhortant l’organisation régionale à intensifier son implication dans les efforts de résolution de la crise politique et institutionnelle que traverse la Guinée-Bissau.

Dès l’entame de leur lettre, les signataires ont souligné avoir déjà alerté la CEDEAO sur la gravité de la situation en Guinée-Bissau, précisant que leur premier avertissement datait d’avant le dernier sommet de l’organisation régionale, tenu à Freetown il y a environ un mois et demi, la liste des signataires comprend des personnalités politiques de premier plan, notamment les anciens Premiers ministres de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert, Aristides Gomes et António Gualberto, ainsi que les anciens ministres sénégalais Cheikh Tidiane Gadio et Abdoulaye Bathily, sans oublier l’historienne Iva Cabral, fille du défunt leader africain Amílcar Cabral. Les signataires avaient précédemment mis en garde contre les répercussions de la crise politique en Guinée-Bissau et avaient notamment réclamé la libération des prisonniers politiques, parmi lesquels figure l’opposant Domingos Simões Pereira, président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC).
Pereira a par la suite été transféré au Portugal pour des raisons de santé ; une mesure saluée par les signataires dans leur nouvelle lettre, bien qu’ils aient souligné qu’elle ne constituait pas une réponse suffisante à la crise, compte tenu de l’ampleur des défis politiques et institutionnels auxquels le pays est confronté. Les signataires ont appelé la CEDEAO à mettre pleinement en œuvre les décisions prises lors du sommet de Freetown, en particulier celles relatives à la nécessité d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau. Ils ont également exigé la libération définitive de tous les prisonniers politiques ainsi que l’établissement d’un calendrier clair et crédible pour mettre fin à la transition dirigée par les militaires, affirmant que la manière dont l’organisation régionale gère la crise aura un impact direct sur sa crédibilité et sur son attachement aux principes qui la fondent.

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