Onze intellectuels et personnalités de la société civile d’origine camerounaise, dont la plupart résident à l’étranger, ont appelé à une « transition constitutionnelle » au Cameroun dans une tribune publiée le 5 octobre 2026 dans le journal français *Libération*. Les signataires ont entamé leur texte en affirmant que « le pays n’est plus gouverné » et qu’il existe un « véritable vide du pouvoir ». Estimant que la situation actuelle exige l’exploration de nouvelles voies pour gérer la phase à venir, ils ont proposé une série de mesures susceptibles, selon eux, de servir de cadre à cette « transition constitutionnelle ». La tribune se caractérise par des critiques virulentes à l’égard de la gestion du pays ; les signataires décrivent une situation politique dans l’impasse, tout en précisant que leur initiative « ne procède d’aucune animosité personnelle ».
Leurs critiques portent néanmoins sur divers aspects du fonctionnement de l’État : ils dénoncent l’absence de gouvernance, le vide du pouvoir et la paralysie du pays, qualifiant l’appareil d’État de système fonctionnant, selon leurs termes, en « pilotage automatique ». Au vu de ces constats, les signataires concluent qu’une transition politique est devenue une nécessité impérieuse, la qualifiant d’« impératif historique ». L’article ne se limite pas à appeler à cette transition ; il aborde également les cadres qui, selon ses auteurs, devraient régir cette étape. Dans ce contexte, les signataires ont souligné que tout débat sur l’avenir du Cameroun ne saurait ignorer le fait que le pays, sous sa forme actuelle, est « issu d’un partenariat volontaire entre deux entités », l’une francophone et l’autre anglophone.
Partant de ce constat, ils ont estimé que la résolution de la crise dans les régions anglophones constitue un préalable indispensable à tout dispositif futur, tout comme la garantie d’une coexistence pleine et entière des deux langues officielles — le français et l’anglais — au sein des institutions de l’État. L’article a également préconisé d’exclure les membres du gouvernement actuel de la gestion de la transition proposée, tout en réclamant l’ouverture de l’espace politique aux diverses forces en présence ; il a enfin souligné l’urgence d’un dialogue national inclusif visant à bâtir un consensus sur la voie d’une « transition constitutionnelle » pour le pays.