Human Rights Watch a révélé que les autorités camerounaises détiennent arbitrairement des dizaines de migrants expulsés par les États-Unis ces deux derniers mois. L’organisation explique que parmi les personnes expulsées figurent des demandeurs d’asile et des personnes persécutées dans leur pays d’origine. L’organisation internationale de défense des droits humains qualifie cette mesure de violation flagrante du droit international, car ces expulsions ont été effectuées en vertu d’un accord secret entre Washington et Yaoundé, alors même que le Cameroun n’est pas considéré comme un pays sûr pour les personnes expulsées.
Human Rights Watch rapporte que les autorités camerounaises ont arrêté 17 personnes originaires de neuf pays africains à leur arrivée dans la capitale, Yaoundé, sans aucun fondement légal. Certaines de ces personnes bénéficiaient d’une protection juridique aux États-Unis les empêchant de retourner dans leur pays d’origine par crainte de torture ou de persécution. L’organisation ajoute que deux d’entre elles ont été contraintes de retourner dans leur pays, tandis que 15 restent en détention. Le Cameroun est en proie depuis des années à un conflit armé et à des violations généralisées des droits humains, notamment la torture dans les prisons et la répression de l’opposition et des médias. L’organisation a constaté que des journalistes qui tentaient de couvrir la situation des personnes expulsées ont eux-mêmes été arrêtés et maltraités. Elle a considéré ces actes comme constituant un retour forcé, une pratique interdite par le droit international.
L’organisation a exigé la libération immédiate des détenus, des garanties de protection contre tout retour forcé et leur retour aux États-Unis, où des ordonnances judiciaires les protègent. Elle a également exigé le respect de la liberté de la presse et la mise en cause des responsables de ces violations, et a exhorté le Congrès et les tribunaux américains à mettre fin aux accords d’expulsion avec des pays tiers qui se sont révélés inefficaces et ont entraîné de graves violations.