Société

Étrangement, malgré la guerre, les Algériennes refusent de quitter le Golfe et de rentrer en Algérie

Une scène saisissante, qui a suscité de nombreuses interrogations dans les milieux diplomatiques et publics algériens, a vu l’avion civil affrété par le gouvernement du président Tebboune pour rapatrier les Algériennes des Émirats arabes unis revenir complètement vide. Cette mesure « préventive » des autorités militaires intervient dans un contexte de tensions régionales et de frappes de missiles dans la région, or, la réaction des femmes vivant à l’étranger a été tout à fait inattendue, si les statistiques officielles et officieuses font état d’une importante communauté algérienne aux Émirats arabes unis, dépassant les 200 000 personnes, majoritairement des femmes, on s’attendait à ce que ce vol d’évacuation attire au moins une partie de la population, ne serait-ce que symboliquement, inquiète de la dégradation de la situation sécuritaire, notamment parmi les femmes.

La réalité fut pourtant choquante : l’avion a atterri et redécollé sans aucun passager. Cette initiative gouvernementale, présentée comme une « mission de sauvetage », s’est ainsi muée en un sondage silencieux sur les priorités des migrantes. L’explication de cette réticence n’a pas tardé à venir : les réseaux sociaux ont été inondés de commentaires de citoyennes résidant aux Émirats arabes unis. Parmi eux, le témoignage le plus marquant est celui d’une migrante, diffusé dans une vidéo largement partagée, où elle affirmait avec amertume : « La situation en Algérie, en termes de conditions de vie et de santé, est bien plus difficile qu’aux Émirats arabes unis, même face à l’insécurité», ces propos, aussi durs soient-ils, révèlent un profond fossé dans la perception de la « sécurité » et le manque de produits de première nécessité en Algérie.

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Pour beaucoup, la sécurité ne se résume pas à l’absence de missiles, mais englobe la stabilité économique, la qualité de vie et l’accès aux services essentiels, notamment le pain et l’eau. Ce sont des normes que les migrants algériens semblent trouver à l’étranger, malgré les risques occasionnels, et qui leur font défaut dans leur pays, malgré le « calme » apparent. Les observateurs estiment que ce refus d’évacuer est un message politique et social à peine voilé. La migrante qui a investi des années à accumuler des dirhams du Golfe dans un environnement garantissant ses droits financiers éprouve une extrême difficulté à retourner aux files d’attente angoissantes et à une réalité marquée par une bureaucratie complexe, une disponibilité fluctuante des produits de première nécessité et des défis en matière d’infrastructures et de santé.

Pour ces personnes, retourner en Algérie n’est pas une « fuite », mais un retour aux « jours sombres » qu’elles revivent quotidiennement dans leurs souvenirs, préférant affronter un danger tangible, mais temporaire, au pays des princes. L’incident de l’« avion vide » demeure une leçon marquante en matière de droit de la citoyenneté et de l’appartenance. La protection qu’un pays offre à ses citoyens ne commence pas par l’envoi d’avions en temps de crise, mais bien par la construction d’une patrie qui incite ses fils et ses filles à y revenir volontairement, et non seulement lorsqu’ils se trouvent en grande difficulté à l’étranger. La question qui demeure est la suivante : cet incident incitera-t-il les autorités militaires à reconsidérer les raisons de l’émigration de nos femmes courageuses et leur obstination à rester loin du pays malgré tout ?

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