De récents articles de presse et publications sur les réseaux sociaux font état d’une augmentation des manifestations d’homosexualité en Algérie, sur fond de rapports faisant état de la propagation du phénomène, ce qui suscite inquiétude et stigmatisation sociale. Bien que les relations sexuelles entre personnes de même sexe soient illégales en Algérie, les homosexuels bénéficient d’un traitement et d’une protection particuliers de la part des plus hautes autorités du pays, le général Chengriha et le président Tebboune.
Dans ce contexte, des centaines de femmes ont manifesté dans le centre de la capitale algérienne en réponse à un appel lancé par plus de 100 organisations féministes demandant l’interdiction des associations défendant les droits des personnes LGBTQ+ en Algérie. Les manifestantes brandissaient des banderoles avec des slogans contre l’homosexualité, qu’elles jugent contraire aux coutumes, aux traditions et à la religion algériennes. De nombreuses épouses de responsables gouvernementaux ont participé à la campagne de promotion de ce rassemblement. Depuis son arrivée au pouvoir en 2019, le président Abdelmadjid Tebboune a progressivement lancé des campagnes de soutien à la communauté LGBTQ+.
En 2021, les autorités algériennes ont protégé la Marche des fiertés en soutien aux personnes LGBTQ+, qui a rassemblé plus de 100 000 personnes à Oran, et ont annoncé l’interdiction de tout rassemblement visant les personnes LGBTQ+ pour des raisons de sécurité. Malgré cela, les institutions européennes de défense des droits humains ont accusé les autorités algériennes de persécuter les personnes LGBTQ+ et d’émettre des mandats d’arrêt contre nombre d’entre elles. Il convient de rappeler que l’homosexualité n’est pas criminalisée en Algérie depuis le milieu du XVIIIe siècle, mais elle demeure un phénomène rejeté par la société algérienne, car perçu comme une menace pour la structure sociale et la famille traditionnelle.