L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) en réponse à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda. Cette déclaration a été faite lors d’une conférence de presse au siège de l’OMS à Genève. Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS, a expliqué qu’il s’agissait de la première fois qu’une USPPI était déclarée suite à une épidémie dans ces deux pays, conformément à l’article 12 de la Charte de l’OMS. Le Dr Tedros a souligné que la déclaration d’une USPPI ne signifie pas nécessairement qu’il s’agit d’une épidémie ou d’une pandémie mondiale. Il a noté que l’évaluation actuelle des risques est élevée aux niveaux régional et international, mais plus faible au niveau mondial.
Le Directeur général a révélé que 61 cas d’Ebola ont été confirmés en RDC, concentrés dans les régions de l’Ituri et du Kivu et dans les villes de Bunia et de Goma. L’épicentre principal de l’épidémie se situe dans la province d’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo, une région ravagée par un conflit armé persistant, ce qui rend difficile l’endiguement du virus, selon des experts de la santé de l’Université d’Oxford interrogés par The Independent. Ghebreyesus a ajouté que le risque ne se limite pas aux cas confirmés et inclut environ 600 cas suspects en République démocratique du Congo et en Ouganda. Le Dr Tedros a averti que ces chiffres devraient augmenter compte tenu de la longue période pendant laquelle la maladie est restée non détectée et non documentée.
L’OMS s’est inquiétée de la propagation de l’épidémie dans les zones urbaines et au-delà des frontières, notant que des cas ont été enregistrés dans la capitale ougandaise, Kampala, parmi des personnes revenant du Congo, ainsi que chez un citoyen américain transféré en Allemagne pour y être soigné. La crise est exacerbée par des défis sécuritaires et humanitaires complexes, en particulier dans la province d’Ituri, où le conflit armé a provoqué des vagues de déplacements et de réfugiés pour des milliers de personnes, ainsi que par la présence de mines antipersonnel qui entravent la circulation des équipes médicales et les efforts d’aide.