Un premier groupe de citoyens nigérians est rentré chez lui jeudi après avoir quitté l’Afrique du Sud, dans le cadre d’une opération de rapatriement organisée par le gouvernement suite à la crise migratoire et aux violentes manifestations anti-immigrés. Selon le ministère nigérian des Affaires étrangères, 262 passagers et trois fonctionnaires se trouvaient à bord du vol à destination de Lagos. Le ministère avait précédemment annoncé que plus de 1 000 Nigérians s’étaient inscrits pour un rapatriement volontaire. Les autorités de Pretoria ont déclaré que les personnes rapatriées résidaient illégalement dans le pays, contredisant ainsi les affirmations des autorités nigérianes selon lesquelles elles fuyaient des attaques xénophobes.
Le Nigeria est le dernier pays africain à organiser des vols d’évacuation depuis l’Afrique du Sud. Depuis avril, une série de manifestations anti-immigrés ont donné lieu à des attaques visant les étrangers. Ces manifestations mettent en lumière les tensions entre les travailleurs étrangers et les résidents locaux, qui estiment que les étrangers leur volent leurs emplois. Pretoria a condamné ces actes, les qualifiant de xénophobes. La ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odomegwo Ojukwu, a déclaré que le président avait ordonné l’évacuation des « citoyens en danger qui estiment que leur vie est menacée s’ils restent sur place ». Dans un message adressé aux personnes rapatriées, elle a ajouté : « Votre sécurité et celle de vos enfants ne valent aucun sacrifice, ni aucun bien que vous pourriez être contraint d’abandonner en fuyant une zone de conflit ou un environnement empreint de haine ».
De son côté, le ministre des Affaires humanitaires, Bernard Doro, a critiqué le traitement réservé aux Nigérians, affirmant qu’ils « résidaient légalement en Afrique du Sud ». Il a déclaré : « S’il existe des cas d’illégalité, ils doivent être examinés au cas par cas. Il est tout simplement inacceptable de qualifier tous les Nigérians vivant en Afrique du Sud d’illégaux ». Certains rapatriés ont déclaré ne pas posséder les documents nécessaires, et d’autres ont indiqué qu’ils n’avaient pas pu renouveler leur permis de séjour depuis des années en raison d’obstacles à l’immigration qu’ils imputaient aux autorités.