Un responsable de la Croix-Rouge a révélé mardi que l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo n’a pas encore atteint son pic et pourrait durer un an, selon Reuters. Plus de 800 cas de la souche rare Bundibugyo, pour laquelle il n’existe ni traitement ni vaccin, ont été signalés au Congo, dont 192 décès. Les données gouvernementales indiquent que la maladie, qui peut se transmettre par les fluides corporels même après la mort, se propage rapidement dans trois provinces. Bruno Michon, directeur des opérations de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a déclaré aux journalistes par liaison vidéo depuis l’est du Congo : « Il est très difficile de savoir exactement quelle est l’étendue de l’épidémie… mais oui, je pense que nous n’avons pas encore atteint le pic et que nous avons encore une chance de la maîtriser ».
« Nous craignons qu’il faille un an pour éradiquer la maladie », a-t-il ajouté. S’adressant à la presse à Genève, M. Michon a décrit une crise de confiance qui complique la lutte contre l’épidémie, détectée pour la première fois à la mi-mai. Il a indiqué que certains habitants des villages congolais croient encore que la maladie a été inventée pour obtenir davantage d’argent de l’étranger, tandis que d’autres perçoivent les mesures de protection spéciales imposées aux enterrements pour prévenir la transmission du virus par les défunts comme une atteinte à leur culture et à leurs traditions. La Croix-Rouge, qui organise les funérailles, s’efforce de répondre à ces inquiétudes en utilisant des sacs mortuaires à panneaux transparents afin que les familles puissent voir le visage de leurs proches.
« Instaurer la confiance prend du temps », a ajouté M. Michon. « Cela exige honnêteté, patience et humilité, mais dans le contexte de cette épidémie, c’est indispensable ; c’est une question de vie ou de mort », le ministère congolais de la Santé a annoncé dimanche soir, dans un communiqué, que le nombre de cas confirmés d’Ebola au Congo s’élevait à 782, avec 181 décès.