Société

Des habitants congolais s’en prennent aux équipes de lutte contre Ebola après s’être vu interdire de toucher les corps des défunts

La lutte contre Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo ne se limite plus à la simple maîtrise de l’infection et de sa propagation. Elle est entrée dans une phase plus complexe après l’attaque d’un centre de traitement et d’isolement par un groupe d’habitants, menaçant le travail des équipes médicales et augmentant le risque de propagation du virus. À Beni, dans la province du Nord-Kivu, plusieurs habitants ont attaqué un centre dédié au traitement et à l’isolement des patients atteints d’Ebola, à l’aide de bâtons, de pierres et de machettes, selon des sources locales. L’attaque a ciblé le personnel soignant, vandalisé les installations du centre et agressé certains patients en isolement.

Cette attaque n’est pas un cas isolé. Des sources officielles ont signalé une attaque similaire jeudi dernier contre des équipes de santé à Butembo, ce qui indique que les personnes œuvrant à la lutte contre Ebola sont confrontées à un défi sécuritaire qui s’ajoute à la difficulté de gérer l’épidémie elle-même. Concernant les raisons des attaques perpétrées par les habitants contre les équipes médicales venues les soigner, le Dr Yahya Abdel-Momen Makki, virologue et ancien expert de l’Organisation mondiale de la Santé, a expliqué à Al Jazeera qu’une partie du problème découle de malentendus et de croyances locales, en plus des restrictions imposées par les mesures sanitaires sur certaines coutumes et rituels liés à la mort et aux funérailles.

Il a indiqué que l’expérience des épidémies d’Ebola de 2014 et 2016 avait montré que l’interdiction de certains rituels, comme le fait de toucher les corps des défunts ou d’autres pratiques liées aux coutumes locales, avait suscité la colère des habitants de certains villages isolés, notamment dans les zones proches des forêts. Il a souligné que relever ce défi exige plus que de simples mesures de sécurité ; il est nécessaire d’impliquer les chefs tribaux et les personnalités locales influentes, car dans certaines régions, les habitants font davantage confiance aux anciens des tribus qu’aux autorités officielles.

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