Société

Cyril Ramaphosa met en garde les manifestants anti-immigration en Afrique du Sud

Le matin même de la date butoir non officielle fixée au départ des immigrants sans papiers d’Afrique du Sud, le président Cyril Ramaphosa a averti ceux qui souhaitaient manifester contre l’immigration de le faire sans « intimidation, menaces ni ultimatums ». Des milliers de citoyens d’autres pays africains ont déjà quitté le pays ces dernières semaines, craignant des violences. Un Malawien sans papiers s’est dit « heureux d’être de retour » mais « le cœur brisé » de laisser ses quatre jeunes enfants derrière lui. Face à l’intensification des manifestations ces derniers mois, M. Ramaphosa a exhorté les manifestants à agir pacifiquement et de manière responsable, tout en reconnaissant la nécessité de réformer les lois sur l’immigration.

Dans sa lettre d’information hebdomadaire, il a rappelé aux citoyens : « Certains étrangers vivant en Afrique du Sud y sont en situation régulière ». Il a ajouté : « Ils travaillent, ils étudient, ils fondent une famille, ils investissent dans notre économie et ils contribuent positivement à notre société. Ils ont également droit aux protections garanties par nos lois et notre constitution. » Il a écrit : « Le droit de manifester et la liberté d’expression n’autorisent personne à menacer ou à intimider autrui, ni à se livrer à des actes de vandalisme ou de violence». Selon les statistiques officielles, l’Afrique du Sud compte plus de trois millions d’étrangers enregistrés, et des milliers de migrants attendent depuis des semaines le traitement de leurs documents dans des camps temporaires, craignant pour leur sécurité.

À Durban, où se sont déroulées certaines des plus importantes manifestations, les tentes blanches abritant principalement des ressortissants malawites sont en cours de démantèlement, les autorités s’efforçant de vider le camp de transit. Des marches contre l’immigration ont été autorisées mardi à Durban, Johannesburg et dans d’autres villes. Les autorités ont mis en garde les organisateurs contre toute violence, tout en soulignant leur vigilance face à d’éventuels troubles. La police affirme que les armes traditionnelles sont interdites. Cette interdiction pourrait engendrer des tensions entre manifestants et forces de l’ordre, car nombre de manifestants sont zoulous, et leur peuple porte traditionnellement des boucliers, des fouets et des bâtons lors de leurs marches.

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