Société

Expulsés par l’administration Trump : des migrants perdus en exil africain

Entre vols de nuit et prisons africaines, s’écrivent aujourd’hui les histoires des migrants venus aux États-Unis. Devenus de simples « marchandises légales » dans le cadre d’accords d’expulsion secrets vers l’Afrique, ils répondent aux souhaits de l’administration du président Donald Trump. Cette dernière a adopté une politique de la carotte et du bâton pour atteindre cet objectif, recourant tantôt aux menaces, tantôt à l’appât du gain. Viab, migrant cambodgien, était loin de se douter que son rêve américain le mènerait jusqu’à une cellule d’une prison de haute sécurité en Eswatini. Khalid, qui avait fui la torture dans son pays africain, n’imaginait pas non plus être renvoyé sur le continent où il était né, en exil, sans papiers ni protection.

Tout a commencé par des menaces de suspension des visas américains pour les citoyens de plusieurs pays africains. Puis Washington a entrepris de répartir sur le continent africain les migrants venus du monde entier. C’est ainsi que Viap Rom, un Cambodgien de 43 ans, s’est retrouvé dans une prison de haute sécurité du Royaume d’Eswatini, petit pays d’Afrique australe anciennement connu sous le nom de Swaziland, dirigé d’une main de fer par le roi Mswati III. « Je ne comprends pas pourquoi je suis expulsé vers l’Afrique alors que je suis Cambodgien ? » s’interroge Rom, désemparé. D’autres ont été expulsés vers la République démocratique du Congo ou l’Ouganda, tandis que d’autres encore ont disparu après avoir été envoyés au Soudan du Sud, pays ravagé par la guerre.

L’AFP cite deux anciens responsables du département d’État américain affirmant que « les États-Unis utilisent la suspension des visas pour faire pression sur les pays africains afin qu’ils acceptent des ressortissants de pays tiers, dans le cadre de la campagne anti-immigration du président américain ». Après avoir entamé son second mandat au début de l’année dernière, Trump a élargi les motifs d’expulsion et a procédé à des expulsions massives de migrants vers l’Amérique latine. Parmi eux figurent plus de 250 Vénézuéliens renvoyés au Salvador, accusés sans preuve ni procès d’appartenir à un groupe criminel et détenus pendant des mois dans un centre de détention antiterroriste (SECOT). En juin dernier, la Cour suprême des États-Unis a confirmé la décision du président d’abroger une loi qui protégeait 350 000 Haïtiens.

  En raison de dysfonctionnements...Pannes de courant dans les villes du Kenya et l’aéroport international de Nairobi
Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les plus lus

To Top