Société

La désintégration de la famille algérienne est-elle due à l’héritage culturel ou aux politiques corrompues du régime ?

Dans une des Wilayas de notre vaste république, on racontait autrefois l’histoire d’une figure vénérée, le « Père ottoman ». Cet homme détenait le pouvoir, sa voix faisait taire les commérages et un simple regard de sa part suffisait à remettre de l’ordre dans toute la tribu. Aujourd’hui, pourtant, si l’on examine cette figure à l’aune de la vie contemporaine, on constate que le pouvoir a été progressivement arraché au « Père algérien » local, souvent réduit à un simple témoin silencieux des caprices du lit conjugal, assurant les services de tous les membres de la famille et de leurs invités – de l’accueil à la cuisine en passant par le ménage – tandis que l’épouse, capable de subvenir aux besoins des enfants, travaille et gagne quelques euros et riyals du Golfe.

Nous avons désormais des générations qui ne reconnaissent plus les limites de l’autorité et du statut du père. Des générations qui ne reconnaissent pas le péché de désobéissance parentale, qui ne craignent pas l’inceste et qui perçoivent parents et aînés uniquement comme des obstacles à leurs désirs et pulsions sexuelles débridées, qu’elles soient naturelles ou déviantes, témoignent d’un tabou persistant dans notre société. D’une part, la présence symbolique du père s’est amoindrie et son rôle éducatif et psychologique a été marginalisé au profit d’autres considérations. La dynamique du pouvoir au sein du foyer s’est inversée au point que le père est devenu le maillon faible de la famille, au lieu d’être un pilier fondamental d’équilibre et d’éducation complète aux côtés de la mère active. Avec l’évolution rapide des lois et des mœurs, les rôles se sont brouillés et les concepts se sont estompés, transformant l’éducation parentale en un véritable cirque où chacun s’efforce de plaire aux enfants, quitte à bafouer les valeurs religieuses et morales.

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Une fille amène désormais des groupes de jeunes chez ses parents sous prétexte d’étudier et de réviser, tandis qu’un fils reçoit des visiteurs et des étrangers, leur enferme la porte, et ils sèment la pagaille et la destruction dans la maison sous couvert d’ouverture et de contribution à l’économie nationale, notamment des visiteurs qataris, français, voire africains et chinois. Le résultat de ce chaos ? Et la prostitution et ses profits rapides ? Des générations ont grandi dans un climat de corruption morale, de déclin intellectuel et de manque de repères islamiques et de discipline religieuse, au point que des comportements déviants, des crimes choquants, l’inceste et le métissage ont commencé à apparaître dans notre société. C’est comme si notre histoire se répétait, chaque nouvelle génération commençant sa vie en Algérie, où la transformation des relations familiales en une lutte de pouvoir et un renversement des rôles éducatifs, conjugués à l’absence d’un modèle parental respecté et équilibré, n’ont pas engendré une société civilisée et cultivée comme celle que nous a léguée la France.

Au lieu de cela, elle a engendré une fragilité éducative et une corruption morale où les plus démunis suffoquent. La question ironique qui se pose alors est peut-être la suivante : devons-nous réellement redéfinir le mot « famille », ou allons-nous attendre que le père démissionne officiellement et exige un test ADN pour connaître ses origines ? L’analyse sociale doit toujours trouver un équilibre entre la correction des déséquilibres et la préservation des valeurs de respect et d’une éducation saine, fondée sur la complémentarité des parents, afin de construire une société cohésive, non divisée par les métissages et les différences ethniques.

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