Société

L’Afrique du Sud exige du Malawi, du Nigéria et de l’Éthiopie le remboursement des frais d’expulsion des migrants

Le ministère sud-africain de l’Intérieur a exigé du Malawi, du Nigéria et de l’Éthiopie le remboursement d’une partie des 292 millions de rands sud-africains (environ 18 millions de dollars) dépensés cette année pour l’expulsion de dizaines de milliers de migrants, une dépense qualifiée d’imprévue par les autorités. Selon le journal The Citizen, les principaux postes de dépenses ont concerné l’achat de bus pour transporter les personnes vers les centres de rétention, ainsi que la location d’installations temporaires et les heures supplémentaires du personnel, d’après l’Associated Press, le ministère a qualifié ces dépenses d’« imprévisibles, sans précédent et inévitables ».

Les autorités ont indiqué qu’au 6 août, 82 875 migrants africains avaient vu leur dossier traité dans les centres de rétention et que 28 737 cas avaient été résolus par des tribunaux d’immigration spécialisés, avec un pic de 4 850 dossiers traités par jour. Les Zimbabwéens représentaient le plus grand groupe d’étrangers au cours du dernier exercice fiscal (13 479), suivis des Mozambicains (12 354) et des Lesothiens (3 494), selon le quotidien sud-africain The Citizen. L’Afrique du Sud a connu plusieurs mouvements d’opposition à la présence d’immigrants africains sur son territoire (AFP). Ces opérations s’inscrivent dans le contexte des manifestations anti-immigration qui secouent le pays depuis la mi-juin. Le journal Business Day a rapporté que plus de 53 000 étrangers ont quitté le pays ou ont été expulsés entre le 14 juin et le 8 juillet, la majorité dans le cadre de programmes de « rapatriement volontaire », auxquels s’ajoutent plusieurs milliers d’expulsions forcées.

Le Comité ministériel mixte sur les migrations a indiqué le 26 juin que 89 incidents de troubles à l’ordre public ou d’incitation à la violence avaient été recensés en une seule semaine, notamment des pillages, le meurtre de citoyens mozambicains et malawites, et l’arrestation de 164 personnes pour incitation à la violence et violation des lois sur l’immigration. Aucune réponse officielle n’a encore été publiée par les trois gouvernements concernant la demande de l’Afrique du Sud. Au niveau continental, le Conseil exécutif de l’Union africaine a rejeté une proposition du Ghana visant à inscrire à son ordre du jour la question des attaques contre les migrants en Afrique du Sud, selon l’Associated Press.

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