Société

Un comité de l’ONU met en garde la Tanzanie contre le déplacement forcé du peuple Massaï

Le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) a appelé la Tanzanie à mettre immédiatement fin aux expulsions forcées de populations masaï de leurs terres ancestrales dans les régions de Ngorongoro et de Lulyondo, dans la province d’Arusha (nord), et à remédier aux exactions signalées des forces de l’ordre, notamment les arrestations arbitraires et le recours excessif à la force. Agissant en vertu de sa procédure d’alerte rapide et d’action urgente, le Comité a exprimé sa vive préoccupation face aux informations faisant état d’abus persistants, notamment les expulsions et les transferts forcés, ainsi que les restrictions d’accès aux terres, aux zones et aux ressources naturelles ancestrales.

Le Comité s’est dit profondément préoccupé par les informations selon lesquelles les plans et les mesures visant à développer des projets de conservation et de tourisme ont entraîné le déplacement et la relocalisation d’un grand nombre de populations masaï de leurs terres ancestrales à Ngorongoro et Lulyondo, sans consultation adéquate et significative et sans avoir obtenu leur consentement libre, préalable et éclairé. Le Comité a également exprimé sa vive préoccupation face aux informations selon lesquelles les Masaï, peuple autochtone opposé aux expulsions et déplacements forcés, ont été victimes à plusieurs reprises d’arrestations et de détentions arbitraires, ainsi que d’actes de représailles, d’intimidation et de harcèlement. Le Comité a déclaré que les restrictions d’accès aux pâturages, aux points d’eau et aux sites culturels, conjuguées à la dégradation des services de santé, d’éducation, d’eau et autres services essentiels dans l’aire protégée, ont porté atteinte à la jouissance des droits économiques, sociaux et culturels des Masaï et les ont contraints à quitter leurs terres ancestrales.

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Le Comité a également souligné les discours de haine et la stigmatisation des Masaï, notamment leur représentation comme un obstacle aux efforts de conservation et de développement en Tanzanie. Il a ajouté que les défenseurs des droits humains, les membres d’organisations de la société civile, les militants, les avocats et les journalistes œuvrant à la promotion des droits des Masaï ont été victimes d’intimidation, de harcèlement et de représailles en raison de leur travail en faveur des droits humains.

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