Economie

La Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) suspend ses activités

La Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a annoncé la suspension temporaire de ses activités en raison d’une grave crise financière due à une pénurie critique de ressources. Cette crise confronte l’institution régionale à des défis sans précédent qui menacent sa survie même. Une note interne fait état d’une « détérioration continue de la situation financière » de la Commission, atteignant un niveau de gravité qui met en péril son existence. La Commission explique que cette suspension vise à réduire d’urgence les dépenses, les réunions administratives et les missions officielles non essentielles inscrites au budget 2026 étant reportées.

Le président de la Commission, Baltasar Ndjonga, a confirmé que cette mesure s’inscrit dans le cadre des mesures d’austérité, la qualifiant d’étape administrative interne nécessaire à ce moment critique. La CEMAC avait déjà mis en œuvre une série de mesures à Brazzaville afin d’éviter un « choc majeur » susceptible de compromettre ses opérations, dans le cadre des efforts déployés pour contenir la détérioration de sa situation financière. Pour sa part, l’économiste Djimadum Mandikore, ancien directeur au siège de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), a déclaré que la situation n’était pas surprenante, certains fonctionnaires n’ayant pas été payés depuis deux mois. Il a ajouté que le vice-président de la Commission avait été contraint d’entreprendre une tournée dans quatre pays pour lever des fonds, mais que cette tournée n’avait pas permis d’obtenir les liquidités nécessaires, plongeant la Commission dans une situation très difficile.

Cette crise financière est due à un déficit de recouvrement de la taxe d’intégration communautaire, principale source de revenus de la CEMAC. M. Mandikore a précisé que cette taxe, prélevée sur les importations, n’est pas payée automatiquement, les États membres conservant leurs recettes et ne les reversant pas à la Commission, ce qui témoigne de difficultés de trésorerie internes. La Commission exhorte les États membres à mettre en place un mécanisme indépendant de recouvrement de cette taxe, sous forme de ressource dédiée et distincte des budgets nationaux.

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