En août 2025, la police zambienne a perquisitionné un centre d’appels à Lusaka, la capitale. Elle a alors découvert que les employés, équipés de casques audio, ne fournissaient pas d’assistance technique, mais appartenaient à un réseau international d’escroquerie. Ce réseau ciblait les économies de ses victimes en leur faisant miroiter des gains en cryptomonnaie. Dans un article publié par le magazine international New Lines, basé à Washington, la journaliste indépendante Isabel Ravina a indiqué que le raid avait permis de démanteler un réseau de trafic d’êtres humains et de saisir 372 faux passeports.
Cette opération est devenue la pierre angulaire d’une mission transfrontalière baptisée « Serengeti 2.0 », déployée dans 18 pays africains et visant à contrer les réseaux de cybercriminalité qui s’étaient développés et étendus sur le continent à un niveau sans précédent. Isabel Ravina a expliqué que l’opération avait permis de cibler avec succès des réseaux responsables du vol d’environ 485 millions de dollars à 88 000 victimes. La campagne était menée par Interpol, avec un financement britannique, l’assistance des Pays-Bas et la mise en œuvre par les forces de l’ordre locales.
L’équipe internationale a démantelé avec succès 11 432 réseaux et récupéré près de 100 millions de dollars, témoignant d’une évolution fondamentale dans la capacité des gouvernements africains à mettre en œuvre des réponses coordonnées et parallèles pour lutter contre la complexité de la criminalité à laquelle ils sont confrontés. Ravina a souligné que le recours à de jeunes Zambiens par les auteurs de ces crimes au début de l’opération était particulièrement frappant. Les victimes, âgées d’une vingtaine d’années, semblent être victimes de trafic d’êtres humains, attirées via WhatsApp et Telegram et redirigées vers des sites web d’investissement frauduleux.
Le journaliste a déclaré que ce type d’escroquerie est le fruit de 25 ans d’évolution en Afrique, qui a connu la croissance numérique la plus rapide au monde. Les criminels ont exploité les failles juridiques et les budgets nationaux limités dans ce domaine. Internet est arrivé sur le continent presque du jour au lendemain, mais la mise en place d’une législation le réglementant a pris des années, ce qui rend la poursuite des cybercriminels particulièrement complexe.