Les habitants de Gabès, dans le sud-est de la Tunisie, réclament le démantèlement des unités polluantes du complexe après des décennies de pollution. Ils estiment que son maintien en activité privilégie le profit industriel au détriment de la santé publique et du droit à un environnement sain. Jeudi, la justice tunisienne a rejeté une requête en référé déposée par plusieurs militants qui demandaient l’arrêt temporaire de la production dans une usine chimique publique du gouvernorat de Gabès. Cette décision faisait suite à d’importantes manifestations contre les émissions de gaz jugés toxiques et asphyxiants, selon un membre de la défense.
L’avocat Mounir Adouni a expliqué à l’AFP que le tribunal avait estimé le préjudice « non prouvé » et conclu que les allégations de pollution ne reposaient pas sur des preuves techniques et scientifiques suffisantes, la défense avait déposé deux recours, dont l’un visait à obtenir l’arrêt temporaire de la production dans l’attente d’une décision définitive sur la fermeture du complexe. Al-Adouni a indiqué qu’une deuxième affaire concernant le démantèlement des unités polluantes est toujours en cours, mais aucune date n’a encore été fixée pour son examen. Les habitants de Gabès, dans le sud-est de la Tunisie, exigent le démantèlement des unités polluantes du complexe après des décennies de pollution. Ils affirment que son maintien en activité privilégie le profit industriel au détriment de la santé des citoyens et de leur droit à un environnement sain.
Une précédente décision gouvernementale de 2017, prévoyant le démantèlement des unités polluantes mais non pleinement appliquée, a exacerbé le mécontentement populaire. De vastes manifestations, dont une grève générale et d’importantes marches à Gabès, ont éclaté contre le maintien en activité du complexe, pour protester contre la pollution et les maladies qui en découlent. Les manifestations ont repris à plusieurs reprises, les manifestants scandant des slogans exigeant la fermeture du complexe et décrivant la ville comme un endroit où « respirer est difficile », selon les organisations environnementales. Des organisations nationales et de défense des droits humains, dont l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), ont également annoncé leur soutien au mouvement des habitants de Gabès, exhortant le gouvernement à trouver des solutions urgentes.