Le Rwanda a averti qu’il était prêt à retirer ses troupes de la province mozambicaine de Cabo Delgado, où elles participent à la lutte contre les attaques rebelles meurtrières, si un financement international suffisant pour la mission n’était pas garanti. La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a déclaré dans un message publié sur X que le déploiement de troupes dans cette région riche en gaz en 2021, à la demande du Mozambique, avait contribué à stabiliser des zones auparavant contrôlées par une insurrection liée à des groupes armés. Bloomberg a rapporté jeudi que le soutien de l’Union européenne à ces efforts prendrait fin en mai, sans perspective de renouvellement.
Se référant à l’article de Bloomberg, Mme Makolo a indiqué que la pérennité du déploiement dépendait d’un « financement suffisant et prévisible ». Elle a ajouté : « Si le commandement des Forces de défense rwandaises estime que le travail accompli par les forces de sécurité rwandaises à Cabo Delgado n’est pas suffisamment reconnu, il sera en droit d’exhorter le gouvernement à mettre fin à cet accord bilatéral de lutte contre le terrorisme et à retirer ses troupes. » Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a ensuite repris ces propos dans une publication sur X, déclarant que Kigali était « prêt à quitter le Mozambique si nos efforts et nos réussites ne sont pas reconnus ».
M. Nduhungirehe a affirmé que le Rwanda avait investi massivement et perdu des soldats pour contribuer à la stabilisation de Cabo Delgado, au rétablissement de la normalité et à l’achèvement d’un important projet de gaz naturel liquéfié, et qu’il ne devrait pas faire l’objet de critiques, de diffamation ou de sanctions de la part des pays bénéficiant de ces progrès. Plus tôt ce mois-ci, les États-Unis ont imposé des sanctions à l’armée rwandaise et à de hauts responsables militaires pour leur rôle dans les combats dans l’est de la République démocratique du Congo, Kigali a toujours nié ces allégations du Congo, des Nations Unies et des puissances occidentales selon lesquelles il soutiendrait le groupe rebelle AFC/M23 en République démocratique du Congo.