Le gouvernement sénégalais a annoncé l’annulation de 71 permis miniers et le gel des comptes bancaires de la Société sénégalaise des industries chimiques (SIC), dans le cadre d’une vaste révision des contrats signés avec des entreprises étrangères exploitant les ressources naturelles du pays. Le Premier ministre Ousmane Sonko a expliqué à la presse que ces mesures interviennent près de deux ans après l’entrée en fonction du gouvernement actuel, qui s’était engagé à réexaminer les accords passés avec les multinationales. Il a affirmé que le pays avait subi ce qu’il a qualifié de « grave injustice » dans plusieurs de ces contrats.
M. Sonko a indiqué que le cas de la SIC est l’un des plus importants mis au jour par cette révision gouvernementale. Il a expliqué que l’entreprise, l’un des plus anciens producteurs d’engrais phosphatés d’Afrique subsaharienne, avait manqué à plusieurs obligations financières et fiscales. L’entreprise chimique indonésienne Indorama contrôle la société depuis 2014. Le gouvernement sénégalais estime que le pays a perdu environ 1 075 milliards de francs CFA (un peu plus de 1,5 milliard d’euros) depuis lors en raison d’impôts, de taxes et d’exonérations fiscales impayés, jugés illégaux par les nouvelles autorités. L’État a exigé des propriétaires de la société le paiement d’environ 381 millions d’euros. Le 12 mars, le gouvernement a annoncé le gel des comptes d’Indorama jusqu’au règlement de 250 milliards de francs CFA d’arriérés.
Le gouvernement a également décidé de ne pas renouveler trois concessions minières accordées à l’entreprise chimique sénégalaise, dans le cadre d’un plan visant à acquérir l’ensemble de ses actifs pour la production future d’engrais au Sénégal. Parallèlement, les autorités ont révoqué 71 permis d’exploitation minière, dont 14 permis d’exploitation aurifère, après avoir constaté que les sociétés qui les détenaient n’avaient pas respecté les termes de leurs contrats avec l’État. En conclusion, le Premier ministre a indiqué que les négociations se poursuivaient avec BP, l’exploitant du champ gazier offshore de Grand Tortue partagé avec la Mauritanie, afin de réviser un contrat que le gouvernement qualifiait d’« inéquitable ».