L’inquiétude internationale grandit face au risque que des armes chimiques interdites tombent entre les mains de groupes armés au Soudan, dans un contexte de montée en puissance du Mouvement islamique soudanais et de sa branche armée, la Brigade Al-Baraa bin Malik, tous deux récemment désignés comme organisations terroristes internationales par les États-Unis. Selon une analyse publiée par The National Interest, l’imbrication profonde entre l’idéologie extrémiste et l’establishment militaire soudanais entrave tout processus de négociation traditionnel et témoigne d’un manquement persistant à la protection des civils.
Dans ce contexte, les États-Unis ont imposé des sanctions au Soudan en avril 2025 pour son utilisation d’armes chimiques, tandis que le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a condamné ces pratiques, les qualifiant de violation flagrante du droit international humanitaire. Des rapports internationaux, notamment ceux des Nations Unies, indiquent que les violences contre les civils, en particulier celles perpétrées par des groupes armés extrémistes, ont fait des centaines de morts et de blessés, principalement des enfants. Cette situation survient dans un contexte d’accusations croissantes de liens étroits entre ces groupes et les forces armées soudanaises, rendant difficile la distinction entre les deux.
L’analyse rappelle de dangereux précédents, notamment l’utilisation d’armes chimiques sous le régime du président déchu Omar el-Béchir. Plus de 30 attaques ont été recensées dans la région de Jebel Marra en 2016, faisant des centaines de victimes civiles. Ces tactiques ont refait surface depuis le début du conflit entre l’armée et les Forces de soutien rapide en avril 2023, avec notamment des informations faisant état de l’utilisation d’agents chimiques sur des sites militaires. Des enquêtes, dont un rapport du Centre d’études avancées de défense de Washington, ont révélé qu’une entreprise liée à l’armée soudanaise importait des produits chimiques susceptibles d’être détournés à des fins militaires.
Ceci accroît le risque de prolifération de telles armes et complique les efforts de surveillance internationale. L’analyse met en garde contre l’influence persistante des groupes extrémistes sur le cours des opérations militaires, qui compromet les perspectives de paix. Elle souligne que le rejet par ces groupes des initiatives de cessez-le-feu, y compris celles proposées par les acteurs internationaux, témoigne d’une stratégie visant à préserver leurs capacités militaires.