Politique

La CEDEAO nomme un médiateur pour le dialogue avec le Niger, le Mali et le Burkina Faso

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a nommé l’ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté comme nouveau médiateur afin de relancer le dialogue avec le Niger, le Mali et le Burkina Faso, qui ont quitté le bloc début 2025 pour former une alliance distincte, l’« Alliance sahélienne ». Ces trois pays, dirigés par des militaires arrivés au pouvoir entre 2020 et 2023, ont annoncé leur retrait de la CEDEAO pour créer un nouveau bloc régional axé sur la sécurité et la coopération politique. Ils ont renforcé leurs liens avec Moscou, tout en continuant de critiquer les États membres de la CEDEAO pour leurs relations étroites avec la France.

M. Kouyaté, ancien secrétaire exécutif de la CEDEAO, a confirmé sa nomination en tant que « négociateur en chef auprès de l’Alliance sahélienne ». Des sources au sein de la présidence de la CEDEAO ont expliqué que sa nomination visait à « rapprocher les peuples d’Afrique de l’Ouest », tandis que des sources à la présidence sierra-léonaise l’ont décrit comme un « diplomate chevronné » capable de bâtir des ponts de confiance. Ce n’était pas la première tentative de rapprochement. Le président sénégalais Bachir Djimay Faye a été chargé de la médiation en juillet 2024, et le président ghanéen John Dramani Mahama a effectué une tournée dans les trois pays en mars 2025. Cependant, aucune de ces initiatives n’a permis de convaincre les autorités militaires de ces pays de réintégrer la CEDEAO.

Les trois pays du Sahel sont confrontés à des défis sécuritaires complexes, notamment des insurrections armées menées par des groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Ce contexte sécuritaire complique tout processus de négociation et soulève des questions quant à la capacité de la CEDEAO à réintégrer ces pays dans son cadre régional. Selon les observateurs, la nomination de Kouyaté constitue un nouveau test pour la capacité de la CEDEAO à surmonter ses divisions internes et à rétablir la confiance avec les pays du Sahel qui ont opté pour une voie différente.

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