La licorne nigériane de la fintech, Moniepoint, a finalisé l’acquisition de 78 % du capital de Sumac Microfinance Bank, couronnant ainsi plusieurs années d’efforts pour pénétrer le marché kényan des services financiers. L’opération a été finalisée après une réception organisée par les dirigeants à Nairobi. Elle confère à Moniepoint une licence de dépôt, indispensable à sa stratégie de développement axée sur le crédit, l’acquisition a été conclue le 27 février après avoir reçu l’approbation de la Banque centrale du Kenya (CBK) et de l’Autorité de la concurrence du Kenya. Cette implantation était attendue depuis longtemps.
Moniepoint avait précédemment tenté de s’implanter au Kenya par le biais d’une acquisition potentielle de la société de paiements Kopo Kopo, une initiative qui a échoué et qui a privé l’entreprise d’un accès à un marché dominé par des acteurs historiques tels que Safaricom. Cette acquisition permet à Moniepoint de contourner le gel persistant des nouvelles licences bancaires imposé par la Banque centrale du Kenya, un obstacle qui a freiné l’entrée sur le marché pour plusieurs candidats ces dernières années. Fondée en 2002, Sumac s’est taillé une place de choix dans l’écosystème de la microfinance kenyane grâce à ses services de prêt, de collecte de dépôts, d’assurance et de change. La banque opère à Nairobi, Kiambu et Nakuru, et son réseau d’agences offre à Moniepoint un accès immédiat au marché.
Moniepoint prévoit d’exporter sa stratégie « clé en main », qui intègre la gestion des stocks, la paie et le fonds de roulement, sur un marché où le crédit numérique fait l’objet d’une surveillance réglementaire accrue. Pour ce faire, Moniepoint combinera les capacités SaaS verticales d’Orda avec l’infrastructure bancaire de Sumac. Orda est une plateforme de gestion de restaurants en mode cloud, également acquise par Moniepoint cette semaine.Fondée en 2015 par Tosin Eniolorunda et Felix Ike, Moniepoint traite plus de 22 milliards de dollars de transactions mensuelles et compte plus de 10 millions d’utilisateurs, principalement des PME. L’entreprise a récemment atteint le statut de licorne avec une valorisation d’un milliard de dollars après une levée de fonds de série C de 110 millions de dollars fin 2025, menée par le fonds d’investissement africain de Google et Visa.