Le président ougandais, Yoweri Museveni, a appelé à passer des conflits historiques à une approche stratégique et axée sur le développement pour relever les défis auxquels est confronté le bassin du Nil. Il a souligné que l’avenir de l’Afrique repose sur le développement de l’électricité, l’industrialisation et l’intégration régionale. M. Museveni a tenu ces propos lors d’une conférence donnée à une délégation de l’École d’état-major et de guerre des forces armées égyptiennes, à l’Institut national de leadership (NALI) de Kiyankwanzi. La délégation était conduite par l’ambassadeur d’Égypte en Ouganda, Munther Selim, et le général de division Khaled El-Nahrawi.
Le président ougandais a critiqué ce qu’il a qualifié de débat interminable autour des accords datant de l’époque coloniale régissant les eaux du Nil, arguant qu’il détourne l’attention des véritables enjeux qui menacent la durabilité du fleuve. M. Museveni a déclaré : « J’ai longuement discuté de cette question avec les dirigeants égyptiens. Ils évoquent toujours les anciens accords passés avec les Britanniques, mais je leur dis que le problème du Nil ne se résume pas à ces accords. » Il a plutôt souligné que le sous-développement des pays tropicaux est la cause profonde des problèmes du Nil, notamment le manque d’électricité.
Il a ajouté : « Le principal problème du bassin du Nil est le manque d’électricité sous les tropiques. Sans électricité, les populations dépendent de ressources organiques, et c’est là le véritable danger», Musveni a expliqué que le recours à des ressources organiques comme le bois de chauffage et le charbon de bois accélère la dégradation de l’environnement et menace les ressources en eau. Il a déclaré : « Lorsqu’une population nombreuse et non industrialisée est présente, les gens empiètent sur les forêts et les zones humides pour l’agriculture. La solution réside donc dans l’industrialisation, afin que les populations ne dépendent plus uniquement de l’agriculture».
Il a également noté que le changement climatique, largement dû aux émissions des pays industrialisés, est un facteur supplémentaire contribuant à la modification des régimes de précipitations et à la baisse du niveau des eaux.