Les États-Unis ont exhorté leurs citoyens à reconsidérer tout voyage au Nigéria et ont autorisé le départ de l’ambassade américaine à Abuja des employés non essentiels du gouvernement et de leurs familles, en raison de la détérioration de la situation sécuritaire au Nigéria, pays le plus peuplé d’Afrique. Les avertissements aux voyageurs émis par les États-Unis influencent souvent la manière dont les investisseurs, les organisations internationales et les compagnies aériennes évaluent les risques dans les pays. Cette décision d’autoriser le départ des employés témoigne de l’inquiétude croissante à Washington face à la recrudescence des enlèvements, des vols à main armée et des attaques contre les forces de sécurité, notamment dans le nord du Nigéria.
Dans un avertissement actualisé publié mercredi soir, le Département d’État a maintenu le Nigéria au niveau 3 : « Reconsidérer son voyage », mais a ajouté les États de Plateau, Jigawa, Kwara, Niger et Taraba à la liste des régions déconseillées aux Américains. Cela porte à 23 sur 36 le nombre d’États classés comme « zones à risque ». Les États-Unis ont souligné les menaces posées par les insurgés armés dans le nord-est, les bandes criminelles dans le nord-ouest et les violences persistantes dans certaines régions du sud et du sud-est du Nigeria, notamment dans les zones pétrolières. Le mois dernier, Washington a mis en garde contre une « menace terroriste » visant les installations et les écoles américaines au Nigeria.
Les États-Unis réévaluent cette alerte plusieurs fois par an et ont maintenu le Nigeria au niveau d’alerte 3 ou 4 pendant la majeure partie de la dernière décennie en raison de l’insécurité persistante. L’armée américaine déploie plusieurs drones MQ-9 Reaper au Nigeria et compte 200 soldats chargés de la formation et du renseignement des forces armées nigérianes, qui combattent les insurgés dans le nord du pays.