Lors de sa cérémonie d’investiture dimanche, le nouveau président du Bénin, Romuald Wadani, s’est engagé à lutter contre les menaces sécuritaires croissantes et à faire en sorte que la croissance économique se traduise par des améliorations concrètes dans la vie de la population. Seize délégations étrangères étaient présentes à l’investiture, dont le ministre délégué français aux Partenariats internationaux et des représentants de tous les pays voisins du Bénin : le Togo, le Nigeria, le Burkina Faso et, en particulier, le Niger, avec lequel les relations restent tendues. M. Wadani a été élu le 12 avril avec plus de 94 % des voix, battant son adversaire, Paul Hounké, selon les résultats confirmés dimanche par la Cour constitutionnelle.
M. Wadani succède à Patrice Talon, qui dirigeait le pays depuis 2016 et a quitté ses fonctions après avoir effectué deux mandats présidentiels, conformément aux limites constitutionnelles. L’ancien ministre des Finances, âgé de 49 ans et qui a occupé ce poste pendant dix ans, devrait poursuivre le programme de réformes de Talon, qui a contribué à une croissance économique soutenue et à l’amélioration du climat des affaires au Bénin. « Notre économie a progressé, c’est un fait », a déclaré M. Wadani lors de son discours d’investiture. « Mais nous savons tous que la croissance nationale est vaine si elle n’a pas d’impact positif sur le quotidien des citoyens. » Il s’est engagé à privilégier la création d’emplois, la fourniture de services essentiels et le renforcement de la protection sociale.
« Chaque Béninois doit ressentir les effets du développement dans tous les segments de la société et dans toutes les régions du pays », a-t-il ajouté. M. Wadani a également reconnu l’aggravation des problèmes de sécurité, les groupes infiltrés depuis le Sahel ayant intensifié leurs attaques dans le nord du Bénin ces dernières années. « Le Bénin ne cédera ni à la peur ni à la complaisance », a-t-il affirmé, promettant de renforcer la coopération avec les pays voisins confrontés à la même menace. Le Niger, le Burkina Faso et le Mali, pays sahéliens au cœur de cette menace, figuraient parmi les nations représentées lors de la cérémonie.