Le pape Léon XVI se rend ce jeudi à Bamenda, la plus grande ville de la région anglophone du Cameroun, dernière étape de sa tournée africaine de quatre pays. Cette visite intervient dans un contexte de conflit armé persistant dans la région et de tensions diplomatiques liées à des déclarations internationales controversées. Le pape fait face à des critiques et des attaques politiques, notamment de la part du président américain Donald Trump, en raison de son opposition aux guerres, en particulier à une éventuelle guerre contre l’Iran. Ces prises de position ont suscité des réactions mitigées, surtout en Afrique, qui abrite plus d’un cinquième des catholiques du monde.
Dans une déclaration à Reuters, le pape Léon XVI a affirmé qu’il continuerait d’exprimer son point de vue sur les guerres, sans toutefois répondre directement aux critiques américaines. Le pape est arrivé mercredi à Yaoundé, la capitale camerounaise, où il a appelé les autorités à lutter contre la corruption et à s’attaquer à l’influence des riches et des puissants. Mais sa visite à Bamenda n’a guère contribué à raviver les espoirs de progrès vers la fin du conflit qui sévit dans les régions anglophones, où, selon l’International Crisis Group, les affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes séparatistes ont fait plus de 6 500 morts et plus d’un demi-million de déplacés.
La région est également le théâtre de fréquents enlèvements de personnalités religieuses, ainsi que de violences qui ont coûté la vie à plusieurs prêtres. Parallèlement, un groupe séparatiste a annoncé un cessez-le-feu temporaire de trois jours afin de faciliter la circulation des civils et des visiteurs pendant la visite du pape.