Politique

L’Afrique du Sud courtise Washington avec un ambassadeur de l’époque de l’apartheid

L’Afrique du Sud a nommé Rolf Meyer, 78 ans, ancien négociateur, au poste d’ambassadeur aux États-Unis. Cette nomination pourrait être interprétée comme un message diplomatique adressé à Washington, indiquant que Pretoria souhaite tourner la page des fortes tensions qui ont pesé sur les relations bilatérales au cours de l’année écoulée. Cette décision intervient à un moment particulièrement délicat, l’Afrique du Sud étant privée de représentation diplomatique dans la capitale américaine depuis mars 2025, date à laquelle l’administration du président Donald Trump a expulsé l’ambassadeur Ibrahim Rasool suite à des propos critiques tenus contre le mouvement « Make America Great Again » (MAGA).

Le ministre des Affaires étrangères, Marco Rubio, s’en est pris violemment à Rasool sur les réseaux sociaux, le qualifiant de « politicien raciste » nourrissant une animosité envers les États-Unis et Trump. Le parcours diplomatique de Rolf Meyer est atypique. Cet homme, membre de la minorité afrikaner blanche, a été ministre au sein du gouvernement du Parti national sous le régime de l’apartheid, avant d’en devenir l’un des principaux architectes. Au début des années 1990, alors que l’Afrique du Sud était au bord du gouffre, Meyer était le négociateur en chef des nationalistes lors de pourparlers historiques avec le Congrès national africain (ANC). Ces négociations ont jeté les bases constitutionnelles d’une Afrique du Sud démocratique et ont ouvert la voie aux premières élections libres du pays en 1994. Cyril Ramaphosa, l’actuel président, était assis en face de lui à la même table de négociations.

Depuis, Meyer a progressivement modifié son parcours politique. En 2006, il a rejoint l’ANC, le parti même avec lequel il avait négocié. Meyer arrive à Washington avec un lourd fardeau de questions épineuses qui se sont accumulées entre les deux pays. L’administration Trump a gelé la majeure partie de l’aide américaine à l’Afrique du Sud suite à la saisine de la Cour internationale de Justice par Pretoria concernant la guerre de Gaza, ainsi qu’à la controverse entourant le projet de loi sur la réforme agraire, qui vise à corriger les inégalités de richesse héritées de l’apartheid.

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