La Banque Africaine d’Oman (ABO) a officiellement démarré ses activités à Luanda, la capitale angolaise, devenant ainsi la première banque à capitaux omanais à pénétrer le marché subsaharien. Cette implantation s’inscrit dans la stratégie du Sultanat d’Oman visant à renforcer sa présence économique sur le continent. La création de la banque intervient dans un contexte de transformation économique de l’Angola, portée par son plan de développement à long terme « Angola 2050 ». Ce plan vise à diversifier l’économie, à accélérer les programmes de privatisation, à développer les infrastructures et à ouvrir les secteurs productifs aux investissements internationaux, après des décennies de dépendance quasi exclusive aux revenus pétroliers.
La banque a été présentée comme une banque d’investissement transfrontalière, agréée en vertu du droit angolais et opérant selon les normes de gouvernance omanaises. Un groupe d’entreprises omanaises a souscrit à l’intégralité de son capital, d’environ 18,24 milliards de kwanzas (20 millions de dollars américains), selon le quotidien économique angolais Expansao. Le conseil d’administration est présidé par l’homme d’affaires omanais Tariq Atiq, tandis que la présidence exécutive a été confiée au banquier portugo-angolais António Dinis Mendes, ancien cadre de la banque française Société Générale. Le conseil compte onze membres. Selon le communiqué officiel omanais, le lancement de la banque intervient seulement onze mois après la visite officielle du président angolais. La visite de João Lourenço à Mascate témoigne de la capacité du Sultanat à passer rapidement des annonces diplomatiques à la mise en œuvre institutionnelle dans le cadre de la coopération arabo-africaine.
Parallèlement, l’Agence de presse angolaise a cité le vice-gouverneur de la Banque nationale d’Angola, Domingos Pedro, qui a déclaré que l’arrivée de cette nouvelle banque renforce la concurrence, stimule l’innovation et contribue à la modernisation du système financier, à un moment où le secteur bancaire angolais aspire à des normes de supervision équivalentes à celles adoptées par la Banque centrale européenne. L’Association bancaire angolaise avait précédemment salué, par la voix de son président Mario Nascimento, l’arrivée de l’institution du Golfe sur un marché dominé par les banques portugaises et sud-africaines, suite au retrait de la banque russe VTB Africa.