Une foule immense s’est rassemblée dimanche matin 19 avril près de Luanda, la capitale angolaise, pour assister à la messe en plein air célébrée par le pape Léon XIV, le deuxième jour de sa visite dans ce pays africain marqué par de profondes inégalités économiques et sociales. Le pape est arrivé samedi dans ce pays lusophone, troisième étape de sa tournée africaine de onze jours qui le mènera dans quatre pays. Dans son premier discours aux autorités et à la société civile du pays, samedi, le pape a condamné les « souffrances » et les « désastres sociaux et environnementaux » causés par la « logique d’exploitation » des abondantes ressources naturelles de la région.
Ce discours témoigne d’un ton plus ferme adopté par le pape depuis le début de sa tournée africaine, quelques jours seulement après les vives critiques du président américain Donald Trump. Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dimanche matin à Kilimba, à une trentaine de kilomètres de Luanda, pour la messe en plein air célébrée par le pape. Nombreux furent ceux qui passèrent la nuit sur place, arborant des T-shirts à l’effigie du pape américain ou brandissant des drapeaux jaunes et blancs du Vatican. « La richesse est concentrée entre les mains d’une infime minorité et, bien sûr, la guerre que nous avons menée (1975-2002) n’a fait qu’aggraver la situation » dans le pays, a déclaré à l’AFP le père Pedro Chingandu, un prêtre angolais.
« Nous avons besoin d’une véritable démocratie, d’une redistribution des richesses et de justice », a-t-il ajouté. Patricio Musanga, 32 ans, qui assistait à la messe coiffé d’un chapeau blanc orné d’une image du pape Lôon, espérait que le pontife délivrerait « un message d’espoir pour la jeunesse », ainsi qu’un message appelant à « la réconciliation nationale, la paix et la compréhension interculturelle ». Ce Congolais, qui possède la nationalité angolaise et vit à Luanda depuis dix ans, estime que ce message « pourrait être utile à toute l’Afrique, car presque tous les pays sont confrontés aux mêmes problèmes », notamment « le manque d’opportunités d’emploi » pour les jeunes.