Lors de la deuxième journée du sommet avec le président français Emmanuel Macron, mardi, les dirigeants africains ont insisté sur la nécessité d’un accès facilité aux prêts afin de financer des investissements majeurs et de stimuler la croissance économique en Afrique. La campagne menée depuis des années par les gouvernements africains pour obtenir des réformes visant à réduire les coûts d’emprunt a reçu un élan significatif après que Macron a annoncé son soutien à un mécanisme destiné à réduire les risques d’investissement en Afrique. Il a indiqué qu’il défendrait cette idée lors du sommet du G7 le mois prochain. Les gouvernements africains affirment être confrontés à une perception exagérée des niveaux de risque chez les prêteurs, ce qui fait grimper les coûts d’emprunt.
« Le problème n’est pas la liquidité, c’est la structure du risque », a déclaré le président kényan William Ruto lors du sommet de Nairobi, mardi. Invité par Macron, Ruto doit participer au sommet du G7 à Évian-les-Bains, en France, espérant profiter de la dynamique de la semaine pour faire avancer ses propositions de réforme du financement des projets en Afrique. Plus de 30 chefs de gouvernement africains participent au sommet de Nairobi, aux côtés des dirigeants d’institutions financières multilatérales et de chefs d’entreprise africains et français, ce sommet, placé sous le thème « L’Afrique en avant », se tient pour la première fois dans un pays anglophone, le Kenya. Il a débuté lundi par une journée consacrée à la jeunesse, au sport, à la culture et aux affaires, tandis que mardi, deuxième jour du sommet, a réuni les dirigeants du continent.
La France entend tirer parti de ce sommet en Afrique pour développer de nouveaux partenariats sur le continent, à un moment où son influence décline dans ses anciennes colonies d’Afrique de l’Ouest, lundi, premier jour du sommet franco-africain, Emmanuel Macron a annoncé 23 milliards d’euros d’investissements en Afrique, appelant à un changement de cap de l’aide au développement vers l’investissement. M. Macron a expliqué que la France contribuerait à plus de la moitié de cet investissement, soit environ 14 milliards d’euros, répartis entre les secteurs public et privé, les partenaires africains apportant les 9 milliards d’euros restants.