La plus haute juridiction d’Afrique du Sud a statué que les étrangers ne peuvent pas déposer une nouvelle demande d’asile après le rejet de leur précédente requête. La Cour constitutionnelle a déclaré qu’autoriser un nombre illimité de renouvellements sans législation appropriée pourrait créer un cercle vicieux, entravant les expulsions et engendrant un chaos administratif. Leon Schreiber, ministre de l’Intérieur du gouvernement de coalition sud-africain, s’est félicité de cette décision, la qualifiant de victoire majeure contre les abus du système d’asile. Cette décision met fin à une longue procédure engagée par deux ressortissants burundais qui avaient déposé de nouvelles demandes d’asile en 2018 après le rejet de leurs demandes initiales en 2014.
Les deux hommes ont fait valoir que leurs nouvelles demandes devaient être examinées en raison des violences politiques qui ont secoué le Burundi lors des élections présidentielles de 2015. Au moins 70 personnes ont été tuées lors des troubles qui ont suivi la décision controversée du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat. Les Burundais ont obtenu gain de cause devant la Haute Cour d’appel, mais la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, a cassé l’arrêt à la majorité. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) indique qu’en 2025, l’Afrique du Sud accueillait plus de 167 000 réfugiés et demandeurs d’asile, originaires principalement du Burundi, de la République démocratique du Congo, de Somalie, du Soudan du Sud, du Rwanda et du Zimbabwe.
M. Schreiber a qualifié cette décision d’importante pour les efforts du gouvernement visant à établir un système plus efficace et équitable de gestion des réfugiés et des demandeurs d’asile. S’exprimant sur la chaîne d’information locale Newsroom Africa, il a expliqué que le ministère de l’Intérieur avait interjeté appel de la décision de la Haute Cour d’appel. M. Schreiber a déclaré que si l’arrêt avait été confirmé, cela aurait permis à certains individus d’exploiter le système de manière répétée en déposant de nouvelles demandes. Le ministre est membre de l’Alliance démocratique, le deuxième parti de la coalition gouvernementale dirigée par le président Cyril Ramaphosa, du Congrès national africain (ANC).