Les tensions politiques s’exacerbent en Somalie. L’opposition a annoncé son intention d’organiser des manifestations hebdomadaires après l’Aïd al-Adha, alors que l’ONU et l’Europe appellent à une solution politique par le dialogue. Ce recours aux manifestations, survenant près d’une semaine après l’échec des négociations entre le gouvernement et l’opposition, est perçu par des spécialistes des affaires africaines et somaliennes, comme une escalade de la pression exercée par l’opposition, susceptible d’entraîner une intervention internationale. Ils envisagent trois scénarios possibles, dont un accord ou une confrontation. Le « Conseil national de salut » de l’opposition somalienne a annoncé le lancement de manifestations hebdomadaires à Mogadiscio à partir du 4 juin.
Ces manifestations se tiendront tous les jeudis jusqu’à la conclusion d’un accord politique concernant les élections nationales, qui se dérouleront au suffrage universel direct pour la première fois depuis des décennies – un processus auquel l’opposition s’oppose. Cette annonce faisait suite à une conférence de presse tenue à Mogadiscio par des chefs de l’opposition, dont l’ancien président somalien Sharif Sheikh Ahmed, le député Abdirahman Abdishakur, l’ancien Premier ministre Hassan Ali Khaire et plusieurs autres membres de l’opposition, selon des médias somaliens parus mercredi. Sharif Sheikh Ahmed a déclaré que les mandats du président Hassan Sheikh Mohamud, du gouvernement et du parlement étaient arrivés à échéance, soulignant que « toute élection organisée sans accord ne saurait être pleinement légitime ».
Il a noté que « des efforts ont été déployés la semaine dernière pour parvenir à un accord sur les questions électorales, mais sans succès. Les élections ne peuvent être gérées par un seul parti ; un accord sur les comités, les procédures et le calendrier est indispensable». Selon l’Agence de presse somalienne, Sheikh Mohamud a annoncé samedi dernier la mise en œuvre de la nouvelle constitution, approuvée en mars dernier, malgré les objections de l’opposition. Cette mesure prolonge de facto son mandat d’une année de transition. Son annonce est intervenue quelques jours après qu’il a critiqué l’appel de l’opposition à manifester le jour des élections dans l’État du Sud-Ouest de la Somalie, les exhortant à « présenter une vision politique au lieu de semer le chaos ».