Le Fonds monétaire international (FMI) a mis en garde mardi contre les risques encourus par le Nigeria pour emprunter jusqu’à 5 milliards de dollars via un accord de produits dérivés avec First Abu Dhabi Bank (FAB), soulignant que de telles transactions sont souvent opaques et complexes. Le Sénat nigérian a approuvé l’accord en avril, rejoignant ainsi d’autres pays africains emprunteurs, tels que le Sénégal et l’Angola, qui ont eu recours à des montages similaires l’année dernière, « Nous considérons les transactions de ce type comme risquées », a déclaré aux journalistes Christian Ebeke, représentant résident du FMI au Nigeria. « Elles sont généralement opaques, et leurs conditions ne sont pas toujours transparentes lorsque nous examinons ces instruments dans différents pays ».
M. Ebeke a ajouté que le Nigeria pourrait plutôt émettre des euro-obligations pour financer son déficit ou recourir à d’autres moyens de lever des fonds, y compris à des conditions avantageuses. Le Nigeria entend utiliser le produit du swap de rendement total (TRS) pour refinancer sa dette élevée et financer des projets d’infrastructure, dans son dernier examen au titre de l’article IV, le Fonds monétaire international (FMI) a salué les réformes globales entreprises par le Nigéria, soulignant qu’elles ont renforcé la stabilité économique et la confiance des investisseurs. Il a toutefois averti que les bénéfices n’ont pas encore profité à des millions de citoyens et pourraient être amoindris par des chocs mondiaux, notamment le conflit au Moyen-Orient.
Le FMI a expliqué que les réformes initiées en 2013 sous la présidence de Bola Tinubu – notamment la suppression des subventions aux carburants, le resserrement de la politique monétaire et la libéralisation du taux de change – ont permis de reconstituer les réserves et d’améliorer la gestion macroéconomique. Néanmoins, le FMI a mis en garde contre le fait que ces réformes exacerbent également les tensions sociales, la pauvreté atteignant 63 % et des millions de personnes étant confrontées à l’insécurité alimentaire, ce qui souligne le fossé grandissant entre les gains macroéconomiques et les conditions de vie des familles.