Le président burundais, Evariste Ndayishimiye, est arrivé à Kinshasa, la capitale congolaise, pour une visite d’État de deux jours. Il a été reçu par le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi. Cette visite intervient dans un contexte de tensions croissantes sur les plans sécuritaire, sanitaire et politique dans la région. Le président burundais et son épouse ont bénéficié d’un accueil d’État avec les honneurs, incluant un tapis rouge et l’interprétation des hymnes nationaux des deux pays, avant le début des entretiens officiels. À l’issue de la cérémonie d’accueil, les deux présidents ont tenu une réunion à huis clos, la première inscrite à l’ordre du jour de la visite. Une déclaration conjointe devrait être publiée ultérieurement, présentant les résultats des discussions et les questions abordées.
Ndayishimiye bénéficie d’une double influence lors de cette visite : il est le président du Burundi et assure actuellement la présidence de l’Union africaine pour 2026. Cette double fonction confère à la visite une dimension continentale, en plus de son caractère bilatéral. Les questions de sécurité sont au cœur des discussions, compte tenu des conflits armés en cours dans l’est de la République démocratique du Congo. Le Burundi est l’un des alliés politiques et militaires les plus importants de Kinshasa, ses forces participant à des opérations contre les groupes armés actifs dans la province du Sud-Kivu, notamment le Mouvement M23 et ses alliés.
Les deux parties abordent également l’évolution des efforts de paix, qui ont marqué le pas ces dernières semaines, ainsi que les moyens de lutter contre l’épidémie d’Ebola qui touche plusieurs provinces de l’est, dont l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Sur le plan diplomatique, Kinshasa sollicite le soutien du Burundi, qui assure actuellement la présidence de l’Union africaine, à la candidature de la femme politique congolaise Juliana Lumumba au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie. Lumumba est confronté à la concurrence de plusieurs candidats, notamment la Rwandaise Louise Mushikiwabo, qui brigue un troisième mandat, ainsi que Koumba Ba (Mauritanie) et Dacian Cioloș (Roumanie).