Politique

Le fils du président au cœur d’une affaire de torture contre l’opposition ougandaise

La libération sous caution de l’homme politique ougandais Mwanga Kivumbi n’a pas marqué la fin de son calvaire avec les autorités, mais plutôt le début d’un nouveau chapitre. Quelques heures après sa libération, il a été enlevé par des hommes armés et a comparu 19 jours plus tard devant le tribunal, non pas comme victime de disparition forcée, mais accusé d’incitation à la violence et de diriger une « association illégale ». Human Rights Watch affirme que cette affaire illustre une répression croissante en Ouganda, où les forces de sécurité et l’appareil judiciaire sont instrumentalisés pour cibler les opposants par le biais d’arrestations arbitraires, de disparitions forcées et de poursuites à motivation politique. L’organisation rapporte que les forces de sécurité ont interpellé Kivumbi le 10 juillet à un point de contrôle de police et l’ont emmené vers une destination inconnue, un jour après sa libération sous caution dans une autre affaire à caractère politique.

Il n’a réapparu que le 19 juillet, lorsque des soldats l’ont relâché dans un commissariat de Kampala, la capitale, avant de le transférer le même jour devant un tribunal de Butambala, où il a été formellement inculpé de nouvelles infractions. Selon l’acte d’accusation, ces accusations découlaient d’un discours prononcé devant ses partisans après sa libération. Cependant, les autorités n’ont pas précisé les faits sur lesquels ces accusations étaient fondées dans les documents judiciaires. Human Rights Watch, qui a examiné un enregistrement du discours, a déclaré que Kivumbi y critiquait Muhoozi Kaynirugaba, fils du président Yoweri Museveni, pour son implication en politique malgré sa fonction de commandant des forces armées. Lors de sa comparution devant le tribunal le 29 juillet, Kivumbi a témoigné que les forces de sécurité qui l’avaient enlevé l’avaient bandé les yeux et emmené dans un lieu inconnu, où il avait été détenu dans une petite pièce pendant plusieurs jours et soumis à des coups et des sévices, lui causant notamment une blessure à la tête.

  L'armée mauritanienne se lance dans la course aux armements et se dote de drones

Un témoin ayant rencontré Kifulmbe après sa libération a confirmé à l’organisation qu’il portait des marques de blessures à la tête, aux bras, aux jambes et au dos, corroborant son récit de torture. Human Rights Watch estime que le cas de Kifulmbe n’est pas un incident isolé, mais s’inscrit dans une campagne plus vaste visant les opposants au gouvernement.

Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les plus lus

To Top