Il y a quelques jours, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a nommé plusieurs de ses proches collaborateurs à des postes gouvernementaux sensibles. Localement, cette décision est perçue comme la poursuite du programme de restructuration au sein de la présidence, tandis que beaucoup y voient le fruit d’une lutte de pouvoir interne, d’autant plus que ces nominations interviennent peu après le limogeage par le général Chengriha de dizaines d’officiers considérés comme fidèles au président algérien. En effet, de nombreux rapports et des événements récents témoignent d’une lutte de pouvoir au sein de la présidence algérienne, voire au sein même de l’armée, traditionnellement considérée comme le principal centre d’influence du pays.
Le moment et le contexte du limogeage des prétendus proches collaborateurs du président Tebboune suggèrent des pressions exercées par d’autres factions au sein du gouvernement, coïncidant avec l’influence croissante de l’armée sous l’égide du chef d’état-major des armées, le lieutenant-général Saïd Chengriha. Ce dernier semble suivre les traces de ses prédécesseurs en neutralisant les proches du président afin de consolider la domination de l’armée, à l’instar de ce qui s’était produit sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier avait alors engagé une confrontation non déclarée avec des généraux influents, cherchant à empêcher leur ingérence dans les affaires politiques. Ces limogeages soulèvent des questions quant au fonctionnement interne de la présidence et au rôle de l’armée dans ces changements.
Toutefois, ces arrangements potentiels, liés à la pensée du président algérien, voire à ses caprices ou à ses craintes concernant l’influence de l’armée au sein de la présidence, ne masquent pas les efforts déployés par l’état-major pour restructurer la situation de manière à garantir le maintien de son rôle et de son influence, tout en sapant celle de certains proches collaborateurs du président Tebboune au palais El Mouradia, certaines divergences dans les positions officielles sur des questions sensibles, telles que les relations avec la France, reflètent des courants différents dans la conduite de la politique étrangère. Alors que le ministère des Affaires étrangères a adopté une position ferme contre certaines initiatives françaises, tandis que les déclarations de la présidence semblent moins conflictuelles.
Certains rapports font état d’une lutte de pouvoir concernant la gestion de certains services de sécurité et de renseignement. L’importance de ces services réside dans leur capacité à recueillir des informations et à influencer les décisions politiques, ce qui en fait un sujet de discorde entre différentes factions. Les Algériens s’interrogent sur les raisons pour lesquelles Chengriha insiste pour apparaître aux côtés du président lors de presque tous les événements, apparemment pour maintenir le rôle central de l’establishment militaire, qu’il dirige, sur la scène politique, il pourrait percevoir la nécessité de changements à certains postes clés, il y a aussi le service de renseignement, dont l’influence est variable et qui a historiquement détenu un pouvoir considérable, notamment sous le règne du général Toufik. Il est possible que différentes parties tentent de le contrôler ou de l’influencer. Les détails des luttes de pouvoir au sein des cercles du pouvoir en Algérie ne sont généralement pas divulgués publiquement, mais certains indicateurs, développements et phénomènes peuvent expliquer, dans une certaine mesure, les tensions, les nominations, les limogeages et les arrangements potentiels, ainsi que leur évolution et leur contexte.
L’équilibre des pouvoirs entre ces factions demeure fluctuant et susceptible d’évoluer au fil du temps, en fonction des développements politiques. C’est pourquoi les observateurs de la vie politique algérienne interprètent ce qu’ils perçoivent comme une période d’instabilité, voire de troubles politiques. La lutte de pouvoir qui se déroule au sein de la présidence engendre une certaine confusion au sein des cercles décisionnels, et cette lutte influence les décisions et l’évolution de la situation politique dans le pays. Toutefois, compte tenu du caractère opaque du système politique algérien, il reste difficile de déterminer avec certitude la nature, l’intensité et l’impact futur de cette lutte.