Politique

La Cour suprême de Sierra Leone examine le recours de l’opposition contre la réforme constitutionnelle

Les règles régissant la prochaine élection présidentielle en Sierra Leone font l’objet d’une contestation juridique devant la Cour suprême ; celle-ci a commencé, ce mercredi 7 octobre, à examiner la réforme constitutionnelle contestée par l’opposition. L’amendement constitutionnel prévoit d’abaisser le seuil de voix requis pour remporter l’élection présidentielle, le faisant passer de 55 % au premier tour à un peu plus de 50 %. Bien qu’elle s’oppose à certaines dispositions de la réforme, l’opposition soutient, sur le principe, plusieurs des changements proposés ; ainsi, l’autorisation pour les binationaux de se présenter aux élections législatives recueille l’assentiment des deux camps, alors que la question de l’abaissement du seuil nécessaire pour accéder à la présidence reste un point de désaccord.

Abdul Kargbo, chef de l’opposition parlementaire et auteur du recours devant la Cour suprême, figure parmi les principaux opposants à l’amendement, estimant que la réduction du pourcentage de voix requis pour la victoire présidentielle pourrait avoir des conséquences pour la Sierra Leone. M. Kargbo a déclaré que le seuil de 55 % tenait compte de la diversité du pays, expliquant qu’un parti devait former une coalition avec d’autres formations pour atteindre ce taux, un mécanisme qu’il considère comme un facteur renforçant la cohésion nationale. Ces différends surviennent dans le sillage des élections de 2023, qui avaient suscité une controverse politique dans le pays et conduit l’opposition à boycotter les travaux du Parlement. Si les réformes proposées étaient perçues comme une étape vers le rétablissement de la confiance, certaines de leurs dispositions continuent de diviser les acteurs politiques.

Selon Kargbo, pour remporter la présidence, un candidat devra non seulement obtenir la majorité des suffrages à l’échelle nationale, mais aussi recueillir au moins 20 % des voix dans au moins deux des trois circonscriptions électorales. Kargbo souligne que plusieurs organisations de la société civile, ainsi que des instances religieuses et syndicales, avaient déjà rejeté ce système lors des consultations menées sur la réforme électorale.

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