Economie

L’Afrique et la question de l’investissement : qui gagne à l’ère de la compétition mondiale ?

L’Afrique n’est plus invitée à la table de l’économie mondiale en tant que « marge » dont on se contente ; elle est désormais visée comme un cœur battant, une source importante pour les nouvelles chaînes d’approvisionnement, un réservoir de minerais pour la transition énergétique, et un marché prometteur pour les infrastructures, la numérisation et l’alimentation. Cependant, cette transformation dans le discours du monde à l’égard du continent soulève des interrogations plus profondes que les questions des chiffres brillants ; lorsque les puissances internationales se précipitent et que les promesses d’investissement se multiplient, qui gagne réellement ? Et suffit-il que les flux augmentent pour que les destinées changent ?

Le problème n’est pas dans l’investissement en principe ; mais dans la manière de le concevoir et de le gérer. L’investissement, lorsqu’il s’intègre dans une vision productive claire, peut être un moteur pour l’industrialisation, un pont pour le transfert de connaissances, et un levier pour la création d’emplois productifs et la modernisation des infrastructures. Mais les expériences africaines montrent que l’augmentation des flux d’investissements peut être trompeuse si elle se dissocie de la qualité de l’investissement, de ses conditions et de ses retombées au sein de l’économie nationale. La valeur peut être produite localement puis transférée hors des frontières, et des gains financiers peuvent être enregistrés sans qu’ils s’accompagnent d’un approfondissement de la boucle productive ou d’une localisation des chaînes de valeur.

Dans ce contexte, la compétition géo-économique sur l’Afrique risque de dévier du chemin du développement vers une course au contrôle et aux positions stratégiques, à moins que le continent ne passe d’un terrain d’attraction à un acteur capable de négocier et d’imposer des conditions, dès lors, les pays du continent ne sont pas condamnés à une perte absolue ; mais ils ne gagnent pas automatiquement non plus ; leur gain reste conditionné par le passage d’une logique d’attraction de l’investissement à une logique de son ingénierie, en le liant à des objectifs productifs mesurables, et en construisant des capacités locales qui permettent aux économies de capturer la valeur plutôt que de la consommer simplement.

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