L’Afrique s’est imposée comme le marché de la fintech à la croissance la plus rapide au monde, avec des revenus qui devraient être multipliés par 13 pour atteindre environ 65 milliards de dollars américains d’ici 2, bien que le continent représente déjà 74 % du volume mondial des transactions de monnaie mobile, une nouvelle analyse suggère que la prochaine phase de croissance dépendra moins de l’ampleur des transactions que des infrastructures financières, de la réglementation et du développement institutionnel. Ces conclusions sont présentées dans « Beyond Payments : Unlocking Africa’s Second FinTech Wave », un rapport du Boston Consulting Group (BCG) publié en marge du Forum Inclusive FinTech (IFF) de Kigali. Ce forum est devenu une plateforme de rencontre incontournable pour les régulateurs, les investisseurs et les institutions financières qui façonnent les systèmes financiers africains.
Le rapport souligne que la première vague de la fintech en Afrique a permis d’établir avec succès les systèmes de monnaie mobile et de paiement nationaux, et que plus de 40 % des adultes en Afrique subsaharienne utilisent désormais les services de monnaie mobile. Toutefois, le rapport met également en lumière des lacunes structurelles persistantes, soulignant que, même sur les marchés les plus développés, plus de la moitié des activités de prêt s’effectuent encore par des canaux informels ou semi-formels. Ce constat incite à se recentrer sur les paiements interentreprises, la numérisation des services publics, les systèmes de crédit interopérables et l’analyse de crédit fondée sur les données, considérés comme les fondements de la prochaine phase de croissance du secteur.
L’analyse suggère que les marchés offrant une réglementation plus claire, des infrastructures interopérables et un environnement opérationnel prévisible attirent de plus en plus les capitaux institutionnels à long terme. Plusieurs marchés africains s’emploient actuellement à renforcer ces conditions afin de soutenir des investissements de plus grande envergure. Le rapport cite le Rwanda comme exemple de développement coordonné des politiques et des infrastructures, favorisant ainsi l’expansion du secteur financier. Le pays a combiné des cadres réglementaires avec des infrastructures publiques numériques interopérables et une approche transfrontalière de l’intégration financière en Afrique de l’Est.