L’ancien Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a assoupli sa position sur la restructuration de la dette lors d’une interview diffusée lundi. Il a déclaré ne pas adopter une position intransigeante sur le sujet, marquant ainsi un revirement par rapport à son opposition farouche précédente à une telle mesure. Bien qu’il ait été destitué par le président Bachirou Dioméâtre Faye, qui a dissous le gouvernement le mois dernier, les parlementaires ont ensuite voté pour nommer Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale, lui conférant une influence considérable sur la politique gouvernementale. Dans ses nouvelles fonctions, Sonko pourrait disposer d’un pouvoir suffisant pour bloquer le programme de Faye, notamment en s’opposant aux réformes exigées par un nouveau programme du Fonds monétaire international (FMI). Une délégation du FMI devrait reprendre les négociations cette semaine concernant ce nouveau programme de prêts.
Dans une interview accordée aux radios françaises Radio France Internationale (RFI) et France 24, M. Sonko a déclaré que les décideurs politiques devaient répondre avec pragmatisme à la crise de la dette qui s’aggrave dans le pays, crise qui trouve son origine dans la falsification des données relatives à la dette sous l’administration de l’ancien président Macky Sall. « Nous n’adoptons pas de positions rigides au sens absolu du terme, mais nous étudions la situation avec lucidité », a affirmé M. Sonko, ajoutant que toute solution devait « répondre aux exigences du moment présent ». Ces propos marquent un changement de position par rapport à celui qu’il avait tenu en novembre dernier, lorsqu’il avait déclaré lors d’un rassemblement que le Fonds monétaire international (FMI) faisait pression pour une restructuration de la dette, ce qu’il avait qualifié de « honteux ».
Le FMI a suspendu son précédent programme de prêt de 1,8 milliard de dollars au Sénégal après la révélation de la falsification des données relatives à la dette. Dans l’interview, publiée lundi, M. Sonko s’est dit opposé à « une restructuration inconsidérée », arguant qu’elle était inutile car le Sénégal honorait ses obligations et présentait de bonnes perspectives de croissance. Il a toutefois reconnu que la situation s’était détériorée depuis, notamment en raison du conflit israélo-américain avec l’Iran.