Le président congolais Félix Tshisekedi a ordonné aux agences fiscales gouvernementales de faire preuve de retenue dans l’application des lois à l’encontre des sociétés minières, avertissant que des mesures excessives pourraient miner la confiance des investisseurs, selon le compte rendu du Conseil des ministres. Cette décision de M. Tshisekedi témoigne des efforts déployés par la République démocratique du Congo pour accroître les recettes de l’État issues de ses vastes richesses minières sans inquiéter les investisseurs du secteur du cuivre et du cobalt, pilier de l’économie du pays. Le Congo, premier producteur mondial de cobalt et deuxième exportateur de cuivre, a renforcé le contrôle des sociétés minières ces dernières années.
En 2025, le contrôleur général des comptes a affirmé que plusieurs grandes sociétés minières, dont le chinois CMOC et le géant des matières premières Glencore (GLEN.L), avaient sous-déclaré des milliards de dollars de revenus, réduisant potentiellement leurs contributions obligatoires aux fonds de développement publics – une allégation que les entreprises ont niée. La semaine dernière, les autorités fiscales congolaises ont fermé les bureaux locaux de Glencore dans le cadre d’un litige fiscal. Glencore a confirmé lundi coopérer avec les autorités, tout en niant toute malversation. Le président Tshisekedi a déclaré lors d’une réunion du cabinet que les saisies répétées de comptes bancaires, les gels d’actifs et autres prélèvements fiscaux inattendus nuisent à la compétitivité du secteur et augmentent les coûts d’exploitation des sociétés minières.
Le président a enjoint les ministères de l’Économie, des Finances et des Mines, ainsi que les services fiscaux, de veiller à ce que les mesures coercitives soient juridiquement justifiées et utilisées uniquement à titre exceptionnel. Il a ajouté que les autorités devraient privilégier le dialogue, la notification et les mécanismes de conciliation prévus par la loi. On ignore pour l’instant si la directive de Tshisekedi est liée au différend avec Glencore. « Notre ambition demeure de bâtir un secteur minier compétitif et transparent, créateur de valeur durable », a déclaré Tshisekedi. « Cela requiert un cadre juridique stable, des décisions administratives prévisibles et un dialogue permanent entre l’État et les acteurs économiques ».