Economie

Madagascar rétablit l’état d’urgence dans le secteur énergétique face à la crise des carburants

Le gouvernement malgache a rétabli l’état d’urgence national dans le secteur énergétique, une mesure approuvée par le Conseil des ministres. Cette décision vise à sécuriser l’approvisionnement en carburants et à assurer la continuité des services essentiels, face aux craintes de perturbations des chaînes d’approvisionnement liées à la reprise des tensions au Moyen-Orient. Cette décision intervient deux semaines seulement après le rétablissement par le gouvernement d’un système d’ajustement automatique des prix des carburants, témoignant des craintes croissantes de pénuries d’approvisionnement dues aux troubles régionaux. Face à cette situation, les autorités ont pris des mesures exceptionnelles pour éviter une crise susceptible d’affecter l’économie nationale.

Le gouvernement estime que la recrudescence des tensions dans la région fait craindre une répétition de ce scénario. Les autorités ont souligné que le rétablissement de l’état d’urgence vise à garantir un approvisionnement rapide en carburant et à maintenir le fonctionnement des secteurs vitaux avant que d’éventuelles hausses de prix ou ruptures d’approvisionnement n’aient des répercussions importantes sur l’économie et les services publics. L’état d’urgence confère au gouvernement des pouvoirs exceptionnels, notamment le rationnement du carburant dans les stations-service, le gel ou le plafonnement des prix et la promulgation de décrets ayant force de loi sans approbation parlementaire.

La mise en œuvre de ces mesures en avril dernier a entraîné de longues files d’attente aux stations-service de la capitale, Antananarivo, et de la ville de Tamatave, et a contribué à l’augmentation des coupures de courant, affectant les hôpitaux et les services publics. Madagascar dépend fortement des importations de carburant pour la production d’électricité, une part importante de ces approvisionnements provenant d’Oman, ce qui rend le pays vulnérable aux fluctuations des marchés mondiaux de l’énergie et aux tensions géopolitiques. Cette décision intervient également deux semaines après le rétablissement, le 1er juillet, du mécanisme d’ajustement automatique des prix du carburant dans les stations-service. Les prix restent stables à 4 860 ariary par litre de diesel, soit environ un euro.

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