Khartoum et Ankara souhaitent donner un nouvel élan à leurs relations économiques en portant le volume des échanges commerciaux entre le Soudan et la Turquie à 2 milliards de dollars dans les prochains mois, cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts déployés pour revitaliser les exportations soudanaises et ouvrir de nouveaux débouchés pour les produits soudanais sur les marchés internationaux. Ahmed al-Damirji, président du Conseil d’affaires turco-soudanais, a révélé qu’une délégation d’hommes d’affaires soudanais avait participé à un dialogue consacré à la relance du secteur privé. Les participants ont abordé les défis auxquels sont confrontés le secteur agricole et les exportations soudanaises, ainsi que les moyens de réintégrer les produits soudanais sur les marchés mondiaux après une période d’absence.
Ces initiatives interviennent alors que les exportations soudanaises vers la Turquie connaissent un net recul, en raison des répercussions du conflit en cours au Soudan, conjuguées à des droits de douane et des coûts de transport élevés. Ces facteurs ont affecté la compétitivité des produits soudanais à l’international, selon le site d’information soudanais « Al-Mashhad ». Al-Damirji a déclaré que le coût élevé du transport et de l’énergie figure parmi les principaux problèmes qui nuisent à la compétitivité des exportations soudanaises. Il a également souligné les nombreuses taxes locales et nationales imposées aux producteurs et aux exportations, qui pèsent davantage sur le secteur privé. Selon le président du Conseil d’affaires turco-soudanais, les chefs d’entreprise ont présenté au gouvernement une série de propositions et de recommandations insistant sur la nécessité de réduire les droits de douane sur les produits et les exportations soudanais. Cette réduction, ont-ils affirmé, renforcerait la compétitivité et faciliterait l’accès à de nouveaux marchés.
Au cours des discussions, Al-Damirji a proposé de tirer parti de l’expertise logistique turque pour la gestion des récoltes russes et ukrainiennes. Il a suggéré de faire de la Turquie une plateforme logistique pour la commercialisation et la distribution des biens et produits agricoles stratégiques soudanais sur les marchés mondiaux, en particulier africains. Cette proposition repose sur le maintien de l’origine soudanaise des biens et produits, qu’ils soient exportés à l’état brut ou qu’ils subissent une transformation temporaire à valeur ajoutée dans les ports turcs.