Les affrontements ont continué mardi matin 30 décembre autour de la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, certains habitants fuyant le sud de la ville pour chercher refuge à l’intérieur. Des rapports font état de tirs entendus dans la région depuis trois jours, notamment dans la zone de Makobola, à environ 20 kilomètres d’Uvira. Des sources locales indiquent le début de la mise en place d’une administration parallèle dans la ville après le retrait du mouvement M23, qui avait annoncé son départ d’Uvira entre le 17 et le 18 décembre. Bien que la plupart des éléments du mouvement aient quitté les lieux, certains de ses dirigeants y restent encore, tandis que des responsables civils intérimaires ont commencé à être distribués pour gérer les affaires de certains quartiers, en attendant l’arrivée d’une force neutre, comme l’avait précédemment exigé le mouvement.
Sur le plan sécuritaire, des individus vêtus de noir sont visibles dans la ville pour protéger les habitants, selon les déclarations du mouvement, qui les décrit comme une « défense locale » composée de civils et de certains cadres de l’AFC/M23 ayant reçu une formation idéologique ; certains d’entre eux sont armés, avec l’insistance que ces éléments ne constituent ni l’armée ni la police du mouvement. Les habitants ont également signalé la circulation de véhicules appartenant au mouvement dans la ville, particulièrement tôt le matin et en soirée. Dans un contexte connexe, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a tenu une réunion lundi 29 décembre pour discuter de la situation dans l’est de la République démocratique du Congo. Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a souligné la nécessité de respecter la souveraineté des États et l’intégrité de leurs territoires, considérant la prise d’Uvira par le M23 comme une violation des accords de Doha et de Washington.
Le Conseil a appelé au retrait immédiat de toutes les forces étrangères et à l’application intégrale de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, tout en rejetant toute tentative d’établissement d’administrations parallèles sur le territoire congolais, et en insistant sur la nécessité d’une solution politique pour assurer une désescalade durable dans l’est du pays.