Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, ancien président de la transition au Burkina Faso, a été arrêté à Lomé, la capitale togolaise, où il vivait en exil depuis son renversement en octobre 2022. Il a ensuite été expulsé du pays. Damiba avait été évincé du pouvoir par le capitaine Ibrahim Traoré, et les autorités de Ouagadougou l’accusent à plusieurs reprises de tenter de déstabiliser le régime militaire actuel. Selon une source proche de l’officier, le lieutenant-colonel Damiba a été transféré le vendredi 16 janvier depuis sa résidence, une villa située dans le quartier « Lomé 2 », vers la cour d’appel de la capitale togolaise.
Un juge a examiné son dossier et a rendu une décision judiciaire acceptant la demande d’extradition présentée par le gouvernement burkinabè. Immédiatement après cette décision, il a été autorisé à récupérer certains de ses effets personnels du complexe « Les Six Villas » où il résidait. Le complexe « Les Six Villas » est l’une des zones les plus sécurisées de Lomé. Paul-Henri Damiba y était soumis à d’importantes mesures de sécurité et ne bénéficiait pas d’une liberté totale de mouvement depuis son arrivée au Togo après son éviction. Le lendemain, le samedi 17 janvier, des éléments de sécurité l’ont escorté jusqu’à l’aéroport, d’où il a été expulsé vers une destination qui n’a pas encore été révélée officiellement.
Selon des observateurs, cet événement renforce la version des autorités de Ouagadougou selon laquelle des tentatives de coup d’État ou des complots visent le régime du capitaine Ibrahim Traoré. Le conseil militaire au pouvoir au Burkina Faso accuse l’ancien président de transition de chercher à le renverser, et affirme que la dernière tentative présumée a été déjouée le 3 janvier. À l’heure où ces lignes sont écrites, aucune déclaration officielle des autorités burkinabè ou togolaises n’a clarifié les circonstances exactes de cette remise, ni la destination finale de Paul-Henri Damiba après son expulsion de Lomé.