Politique

Un ancien ministre béninois arrêté dans le cadre d’une tentative de coup d’État manquée, sur fond de répression croissante de l’opposition

Les autorités béninoises ont arrêté l’ancien ministre Alassane Tidjri à son domicile de Cotonou, le mercredi 28 janvier, dans le cadre d’une enquête sur une tentative de coup d’État manquée survenue le 7 décembre 2015, selon le magazine Jeune Afrique. D’après les informations disponibles, le groupe qui a tenté de renverser le président Patrice Talon était dirigé par le lieutenant-colonel Pascal Tidjri, demi-frère d’Alassane Tidjri. Ce lien de parenté ajoute une dimension délicate à l’affaire, malgré les dénégations de l’ancien ministre quant à toute implication dans le complot. Alassane Tidjri était rentré au pays le 27 janvier, après un séjour en famille à Paris, soit la veille de son arrestation.

Des sources proches de Jeune Afrique indiquent qu’une trentaine de militaires impliqués dans la tentative de coup d’État ont été arrêtés et sont en attente de leur procès devant le tribunal spécialisé dans les affaires économiques et le terrorisme. Dans sa première réaction, Alassane Tidjari a nié catégoriquement toute implication, qualifiant les accusations portées contre lui de malveillantes et mensongères, et réaffirmant son attachement indéfectible aux principes démocratiques, les enquêtes ne se sont pas limitées à l’ancien ministre ; elles ont également visé plusieurs figures importantes de l’opposition. Chabi Yayi, fils de l’ancien président, a été placé sous contrôle judiciaire, tandis que le député Soumaila Sonon a été inculpé d’apologie des crimes contre la sûreté de l’État et d’incitation à la rébellion.

Candide Azanaye, ancien ministre de la Défense sous la présidence de Talon, devenu depuis membre de l’opposition, est en détention provisoire. Un mandat d’arrêt international a été émis contre la conseillère Kemi Seba, ainsi que contre l’opposant en exil Sabi Serra Korogon. Ces mesures témoignent d’une répression manifeste des autorités contre toute activité d’opposition, et indiquent un renforcement du contrôle sur la scène politique en dehors de la majorité présidentielle, cette situation fait suite aux élections législatives et locales du 11 janvier 2026, qui ont vu les deux partis soutenant le président Talon remporter la totalité des 109 sièges à l’Assemblée nationale, tandis que l’Union progressiste pour le renouveau et le Bloc républicain dominaient les conseils municipaux dans 77 villes.

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